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Endométriose : causes, symptômes, traitements

Dernière mise à jour: mars 2021 | 44943 visites

dossier Environ 15% des femmes en âge de procréer souffrent d’endométriose, une prolifération des tissus de l’endomètre en dehors de l’utérus. La moitié de ces femmes n’en éprouvent aucune gêne, mais chez d'autres, l’endométriose peut occasionner de fortes douleurs et entraîner des problèmes de fertilité. Que faut-il savoir sur les causes, les symptômes et les traitements ?

Qu’est-ce que l’endométriose ?

L'endométriose est une maladie caractérisée par la présence anormale de tissu utérin (ou tissu endométrial) en dehors de la cavité utérine. Cette anomalie engendre des lésions composées de cellules qui possèdent les mêmes caractéristiques que celles de la muqueuse utérine (l'endomètre) et se comportent comme elles sous l'influence des hormones ovariennes.

Les organes le plus souvent touchés en cas d’endométriose profonde sont les ovaires, le rectum, la vessie et le vagin. Plusieurs organes peuvent être touchés chez une même patiente. Dans de rares cas, des lésions d’endométriose peuvent même apparaître dans des organes localisés à distance de l’utérus, par exemple dans les poumons ou même le cerveau (mais c'est vraiment exceptionnel).

Quelles sont les causes ?

Diverses hypothèses sont avancées. Des facteurs de susceptibilité individuelle doivent intervenir dans le développement de cette maladie. Ces facteurs pourraient être génétiques. Les chercheurs soupçonnent par ailleurs l’impact de certaines expositions environnementales.

En tout cas, il est impossible de comprendre cette maladie sans prendre en compte la théorie de la régurgitation, dite « théorie de l’implantation ». Lors de la menstruation, sous l’effet des contractions utérines, une partie du sang est régurgitée dans les trompes pour arriver dans la cavité abdomino-pelvienne. Cette théorie expliquerait la majorité des atteintes d’endométriose.

Ce sang contient des cellules endométriales, des fragments de muqueuse utérine, qui, au lieu d’être détruits par le système immunitaire, vont s’implanter puis, sous l’effet des stimulations hormonales ultérieures, proliférer sur les organes de voisinage (péritoine, ovaire, trompe, intestin, vessie, uretère, diaphragme…).

Qui est concernée ? Potentiellement, toutes les femmes en âge de procréer peuvent être concernées, sachant néanmoins qu'on observe un pic entre 20 et 40 ans.

Quels sont les symptômes les plus fréquents ?

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Dans plus de la moitié des cas, la femme ne ressent pas de symptômes. Lorsqu’il y a des plaintes, elles renvoient aux douleurs abdominales surtout au moment des règles (dysménorrhée) et lors des rapports sexuels (dyspareunie), ainsi que des problèmes de fertilité.

L'incapacité à tomber enceinte est un motif fréquent de consultation, et c’est lors des examens approfondis que l’on découvre une endométriose.

Il n’existe pas de lien entre l’étendue de l’endométriose et la sévérité des douleurs. En effet, de très petites lésions peuvent entraîner de fortes douleurs et a contrario, des lésions étendues peuvent être très supportables.

La prolifération de muqueuse en dehors de l’utérus peut provoquer l'apparition sur les ovaires de kystes remplis de sang qui prendront au fil du temps une couleur brun - noir. C’est la raison pour laquelle on parle de « kystes chocolat ». Ils peuvent être responsables d’une baisse de la fertilité, voire d'une stérilité. Ces kystes peuvent provoquer de fortes douleurs lorsqu’ils éclatent et former des abcès internes.

Au fil des ans, des abcès plus importants peuvent se développer sur les organes voisins, dont le bon fonctionnement peut être altéré (avec par exemple de l’incontinence urinaire si la vessie est touchée).

Comment établir le diagnostic ?

• La première étape consiste à se rendre chez son médecin généraliste ou chez son gynécologue afin d'évaluer les symptômes. Suivra ensuite un examen gynécologique durant lequel on pourra découvrir la présence de kystes ovariens ou de petites vésicules sur la paroi vaginale.

• Par la suite, le gynécologue pratiquera une échographie endo-vaginale ou une échographie du bassin. Cet examen indolore permet de visualiser les organes et de détecter la présence d'anomalies.

• La laparoscopie affine encore le diagnostic. Le chirurgien pratique une minuscule incision à hauteur du nombril afin d’y introduire une mini-caméra qui permet d’observer les organes et de procéder si nécessaire à des prélèvements de tissus.

Quel traitement ?

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• Les patientes qui se plaignent de fortes douleurs abdominales doivent bien entendu être traitées. Lorsque des kystes ovariens ont été diagnostiqués et qu’ils perturbent le fonctionnement ovarien, le traitement s’impose également chez les femmes désireuses d’une grossesse. Le choix du traitement dépend de la sévérité des symptômes, de l’étendue des lésions et donc aussi d’un éventuel désir d’enfant.

• Lors de l'examen par laparoscopie destiné à poser le diagnostic, le chirurgien peut profiter de cette intervention pour traiter chirurgicalement l’endométriose (ablation d’un « kyste chocolat » ou retrait de certaines lésions qui se seraient propagées en divers endroits de la cavité abdominale).

• Une opération radicale comme une hystérectomie avec ablation de l’utérus et des ovaires ne sera envisagée que dans des cas bien précis, surtout chez des femmes avec des lésions très étendues ou des patientes qui se trouvent en fin de vie reproductive.

Les médicaments

L’endométriose est une maladie hormono-dépendante : il convient donc de priver l’organisme de l’hormone qui va nourrir les cellules : l’oestrogène. Les spécialistes s’accordent pour dire que le traitement de base consiste à empêcher la survenue des règles : c’est la mise en aménorrhée. Pourquoi supprimer les règles ? Car les lésions d’endométriose disséminées sur les organes vont saigner en même temps que les règles et créer de micros hémorragies dans le ventre. Ainsi, donner une pilule en continu ou poser un stérilet libérant des hormones permet à certaines femmes de ne plus souffrir et de vivre normalement.

• Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (Ains) agissent contre l’inflammation et la douleur.

• Les contraceptifs oraux doivent être pris en continu durant 3 à 6 mois. On opte généralement pour un progestatif (sans les oestrogènes). Les plaintes diminuent de manière significative et la fécondité sera rétablie par la suite. Parmi les effets secondaires, on recense une prise de poids, des troubles de la libido et des pertes irrégulières de sang. Le stérilet est une option.

• Certains anti-oestrogènes entraînent une pseudo-ménopause. L’un des conséquences négatives est leur effet androgénique, donc avec une certaine masculinisation : prise éventuelle de poids et une voix plus grave.

• Les agonistes GnRH exercent une action sur l’hypophyse (une petite glande située dans le cerveau). Ils entraînent une pseudo-ménopause sans l’effet masculinisant mais avec une prise de poids, une sécheresse vaginale et un risque de décalcification osseuse (ostéoporose).

Source: Avec EndoFrance (www.endofrance.org) et Inserm (www.inserm.fr)
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