Traitement de l’acné : quels risques de suicide ?

Dernière mise à jour: juillet 2013 | 4449 visites
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news Le Centre belge de pharmacovigilance a fait le point sur un lien éventuel entre l’isotrétinoïne et l’apparition de troubles psychiatriques, en particulier les tendances suicidaires.

Dans un avis, les experts du Centre notent d’abord : « Depuis de nombreuses années, on rapporte régulièrement des cas de troubles psychiatriques (incluant dépression et tendances suicidaires) chez des patients traités par l’isotrétinoïne (Roaccutane et génériques) ».

Ainsi, les « Folia », une publication du Centre belge d’information pharmacothérapeutique (CBIP), décrivaient, en mars 2006, sept cas de dépression avec l’isotrétinoïne, dont un suicide, rapportés au Centre de pharmacovigilance entre 1998 et 2005. Ensuite, sept nouveaux cas de dépression, éventuellement accompagnée de tendances suicidaires, ont été notifiés au Centre avec ce médicament. « L’évolution a été généralement favorable à l’arrêt du traitement », lit-on.

La plus extrême prudence

Il faut savoir que « la plupart des études épidémiologiques réalisées jusqu’à présent n’ont pourtant pas mis en évidence de relation de causalité entre l’isotrétinoïne et ces troubles psychiatriques, notamment en raison du fait que l’acné sévère constitue en elle-même un pathologie pouvant être associée à un risque accru de dépression et de tendances suicidaires ».

Néanmoins, une étude publiée dans le British Medical Journal a montré « une augmentation statistiquement significative du risque de tentative de suicide pendant un traitement par l’isotrétinoïne, et au cours des six mois suivant l’arrêt du traitement ». Mais « les investigateurs estiment cependant que ces données ne permettent pas d’établir une relation de causalité, notamment en raison de l’observation d’une légère augmentation du risque de tentative de suicide au cours des trois ans précédant le début du traitement et de l’absence de données quant à l’effet du traitement. Certains cas de tentatives de suicide pourraient en effet être liés à l’absence d’efficacité de l’isotrétinoïne ».
Que retenir ? « Ces résultats ne permettent donc pas de tirer des conclusions définitives, mais incitent toutefois à surveiller l’apparition éventuelle de signes de dépression chez les patients traités par isotrétinoïne, en particulier chez ceux qui ont des antécédents de troubles psychiatriques. Vu les risques liés au traitement, il est important d’en évaluer la balance bénéfices-risques pour chaque patient, et de réserver l’isotrétinoïne aux cas d’acné sévère résistante aux autres traitements ».


publié le : 03/10/2011 , mis à jour le 18/07/2013
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