L'épaule gelée

Dernière mise à jour: août 2015 | 48145 visites

dossier La capsulite rétractile - ou épaule gelée - se traduit par une raideur de l'épaule, comme si elle était bloquée. Quelles en sont les causes, comment gérer la douleur et de quels traitements dispose-t-on ?

Il s'agit d'une affection particulièrement douloureuse, responsable d'une impotence fonctionnelle majeure. Elle touche à des degrés divers entre 2% et 5% de la population, surtout parmi les 40 à 60 ans et le plus souvent les femmes.

Cette pathologie très invalidante demande du temps - de plusieurs mois à plusieurs années - pour que le patient récupère sa pleine mobilité. Sans traitement, la situation empire progressivement.

Les causes restent nébuleuses. Un processus inflammatoire joue très certainement un rôle important. La capsulite rétractile peut être déclenchée par une immobilisation prolongée de l'épaule, suite à une blessure, un traumatisme, une chirurgie ou une maladie.

Que se passe-t-il ?

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Une blessure, un traumatisme (chute, coup, fracture) ou une inflammation des tissus mous (une bursite ou une tendinite) peuvent intervenir comme éléments déclencheurs.

L’inflammation cause une vive douleur qui empire au moindre mouvement. La personne sera dès lors tentée de garder l'épaule immobile, ce qui complique encore la situation. Les tissus s’épaississent, se contractent, ce qui renforce à son tour la perte d’élasticité et donc de mobilité. Une sorte de cercle vicieux, en somme.

Les facteurs de risque

On parle d'épaule gelée primaire lorsque les symptômes apparaissent brutalement, sans raison apparente.

Dans le cas d'une épaule gelée secondaire, le risque est très élevé chez les personnes :

• qui n'ont pas suivi de séance de revalidation (kiné), avec des exercices d'étirement et d'assouplissement, après une tendinite ou une blessure.

• qui ont porté leur bras en écharpe durant plusieurs jours sans étirer régulièrement le bras et l'épaule.

• qui ont été longtemps immobilisées (lors d'une hospitalisation, en particulier).

• qui sont atteintes d’un problème de la coiffe des rotateurs. Environ 10% d'entre elles présenteront une épaule gelée.

Parmi d'autres facteurs, on peut citer les troubles de la thyroïde, la maladie de Parkinson, le diabète (10% à 20% des diabétiques souffrent d’une épaule gelée) et une pathologie pulmonaire.

Les symptômes

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On distingue classiquement trois phases, caractérisées par des symptômes typiques.

1° - La phase algique

(chaude ou inflammatoire)

Les douleurs de jour et de nuit sont extrêmement pénibles, lancinantes, localisées dans l'épaule et le bras. Elles irradient vers l'omoplate et la main et s'accentuent au moindre mouvement. Le sommeil peut être considérablement perturbé. Le patient va progressivement limiter ses mouvements. Des gestes banals de la vie quotidienne - se laver, s'habiller, conduire... - deviennent un vrai calvaire.

Cette phase peut durer de deux à six mois.

2° - La phase de blocage

(raidissement)

La douleur est moins vive mais la raideur et l'impotence restent bien présentes. Le patient observe une limitation importante de l'amplitude de ses mouvements. Il peut ainsi ne plus parvenir à décoller le bras du corps et à écarter le coude. L'épaule est réellement bloquée.

Cette phase peut durer de quatre mois à un an.

3° - La phase de récupération fonctionnelle


La douleur s'est estompée mais la raideur persiste. Le patient tente graduellement de retrouver de la mobilité, de l'amplitude articulaire dans les mouvements. Ce processus est lent et pénible.

Cette phase peut durer entre un et deux ans, avant une récupération (quasiment) totale.

Le diagnostic

Le médecin, généraliste ou spécialiste (rhumatologue ou orthopédiste), évaluera la mobilité de l'épaule par divers tests, comme toucher l’épaule ou l'omoplate opposées.

Le praticien demandera généralement des examens complémentaires.

• Une radiographie de l'épaule pour écarter un trouble sous-jacent (poussée d'arthrite, luxation...).

• Une IRM (résonance magnétique) pour chercher une éventuelle déchirure de la coiffe des rotateurs. L'arthro-scanner est également un examen de choix.

• L'arthrographie offre en plus de son intérêt diagnostic une possibilité thérapeutique en permettent de dilater la capsule articulaire par hyper-tension, ce qui permet de libérer certaines adhérences ou de broyer par ondes de choc des débris de calcification.

Les traitements

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L'épaule gelée primaire guérit spontanément. Le patient peut connaître une perte de mobilité durant plusieurs mois. Des exercices d'étirement et d'assouplissement (à domicile ou chez le kiné) seront très utiles.

L'épaule gelée secondaire nécessite des traitements médicamenteux, des interventions locales, de la revalidation, voire une chirurgie. La prise en charge évolue en fonction des différentes phases de la pathologie.

La douleur


La douleur intense en phase algique peut être atténuée par les anti-inflammatoires (Ains) en association avec du paracétamol (maximum 3 g/jour). Dans les cas extrêmes, on y associe une infiltration intra-articulaire de corticoïdes (méthylprednisolone) avec parfois un anesthésique local (xylocaïne). La cortisone par voie orale est déconseillée en raison des effets secondaires à court et long terme. L’application d’une compresse froide sur l’épaule durant dix à quinze minutes plusieurs fois par jour peut également aider à soulager la douleur. L'acupuncture donnerait aussi de bons résultats.

La cortisone


En phase de blocage, lorsque la douleur est moins intense mais que la mobilité n'est pas retrouvée, une injection de cortisone dans l'articulation facilite la récupération. L'effet ne se fera ressentir qu'après deux à six jours et la durée d'action n'est que de quatre à six semaines.

La kinésithérapie


En phase chaude (algique), les bienfaits éventuels de la kinésithérapie divisent. Selon les uns, les exercices de stretching améliorent la mobilité alors que pour les autres, ils ne font qu'accroître la douleur. Quoi qu'il en soit, la prudence prévaut en phase chaude. Il vaut parfois mieux attendre la phase de blocage pour entamer la revalidation. Le physiothérapeute ou le kinésithérapeute expliqueront les exercices à pratiquer chez soi (cinq à six fois par jour). Les exercices d'étirement seront poussés au-delà du seuil douloureux, ce qui permet d'obtenir des résultats plus rapidement.

La manipulation sous anesthésie


Si après douze à dix-huit mois de revalidation, la récupération n'est pas assez satisfaisante, une mobilisation de l'articulation sera considérée. Elle se pratique sous anesthésie générale, suivie par une prise en charge très rapide, dans les heures qui suivent le réveil, par le kiné. Le chirurgie est généralement exclue tant que la mobilisation n'est pas obtenue. Il existe en effet un risque de perte de mobilité à vie ou d'une reprise évolutive de la maladie. On peut envisager une dilatation de la capsule articulaire par arthroscopie.

Les autres thérapies


L'hydrothérapie (kiné en piscine) donne de bons résultats et permet surtout de raccourcir le temps de récupération.

La thermothérapie (hotpack) permet, grâce à la chaleur, de réduire les contractures musculaires.

Les ultrasons provoquent un effet drainant et antalgique.


publié le : 19/12/2013 , mis à jour le 08/08/2015
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