Cœur et artères : l’incroyable santé des Chimanes d’Amazonie

Dernière mise à jour: février 2019 | 8557 visites
chimanes5.jpg

news Les Chimanes (ou Tsimanes), une tribu de l’Amazonie bolivienne, présentent la meilleure santé cardiovasculaire constatée à ce jour dans une population. Comment font-ils ?

Une équipe américaine (University of New Mexico) s’intéresse depuis longtemps à cette ethnie. Les chercheurs ont procédé à des examens sur quelque 700 personnes âgées d’au moins 40 ans, afin de déterminer l’état de leurs artères ; et singulièrement la prévalence de l’athérosclérose affectant les artères coronaires (qui alimentent le cœur), c’est-à-dire la formation de plaques qui risquent, à terme, d’obstruer les vaisseaux. Il s’agit d’un facteur de risque majeur d’accident cardiaque. Qu’observe-t-on ?

• L’écrasante majorité (84%) des Chimanes - de plus de 40 ans donc - ne présente aucun signe d’athérosclérose coronaire. Dans 13% des cas, elle est faible à modérée, et élevée pour 3%.

• Parmi les plus de 75 ans, 65% n’ont pas d’athérosclérose, et celle-ci n’est élevée que chez 8% d’entre eux.

• Les cas d’obésité, d’hypertension artérielle et de diabète sont rares.

• Très peu de Chimanes fument.

• Ils affichent des taux excellents de bon (HDL) et de mauvais (LDL) cholestérol.

• Pour cette catégorie d’âge, cette population connaît une prévalence de l’athérosclérose cinq fois plus faible que dans les régions industrialisées.

Les chercheurs indiquent que les Chimanes affichent le taux le plus faible connu à ce jour (pour une population) de maladie artérielle coronaire. Ceci suggère que l’athérosclérose coronaire peut être largement (voire totalement) évitée en agissant sur le mauvais (LDL) cholestérol, la pression artérielle, le taux de glucose, l’indice de masse corporelle (IMC), le tabagisme et l’activité physique.

Cette population est particulièrement active, et ses sources alimentaires renvoient à la chasse, la pêche et l’agriculture. Leur alimentation repose sur une consommation relativement élevée de glucides complexes (manioc, plantain, riz…) et de protéines, avec un faible apport en graisses. Etant donné les particularités du mode de vie des Chimanes, il est difficile de savoir si ces habitudes alimentaires (transposées telles quelles) seraient bénéfiques dans les sociétés occidentales. Par contre, concernant la maîtrise des différents facteurs de risque évoqués plus haut, il est certain que chacun peut en tirer bénéfice.

Source: The Lancet (www.thelancet.com) - Photo : Michael Gurven
publié le : 09/02/2019 , mis à jour le 08/02/2019
pub

Restez informés !

Inscrivez-vous à notre newsletter:

Non, merci