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Comment peut-on vivre avec un mort dans sa maison ?

Dernière mise à jour: novembre 2020 | 4117 visites
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news Le film Psychose relate le délire d’un fils qui partage sa vie avec le corps momifié de sa mère. Dans la « vraie vie », des situations similaires ne sont pas si inimaginables que cela.

Une équipe italienne (université de Turin) relate deux cas récents de « momification », selon le terme utilisés par les spécialistes, et qui sont détaillés par Le Monde.

Père et fils

La police pénètre dans une maison après un appel concernant une dispute entre voisins. Elle découvre qu’un homme de 52 ans vit avec le corps momifié de son père, décédé cinq mois plus tôt semble-t-il. Les conditions d’hygiène sont épouvantables. En raison d’un comportement agressif, l’homme est admis en psychiatrie. Il confiera que sa mère est décédée voici douze ans, et qu’elle lui a fait jurer de bien s’occuper de son père. Il est persuadé que ses voisons ont tué ses parents, et en ce qui concerne son père, il devait tout faire pour que sa mort ne soit pas connue, car il aurait été le suivant. C’est la raison pour laquelle il a conservé sa dépouille.

Pour masquer l’odeur de décomposition, il a utilisé de grandes quantités de désodorisant. Il ajoute que les voisins ont organisé un complot visant à nuire à sa famille, et impliquant la police, les médecins, le premier ministre et même le pape. Les psychiatres identifient une distanciation émotionnelle, un syndrome délirant et un délire de persécution. Ils posent un diagnostic de trouble schizophrène, avec une décompensation psychotique survenue lors de la mort du père. Ils estiment qu’il est probable que la mère, le père et le fils présentaient « une folie de famille », avec une forte influence de l’isolement social.

Mère, fils et petit-fils

Sans nouvelles depuis plusieurs mois d’une dame très âgée, un médecin de famille contacte la police pour faire part de son inquiétude. Lorsqu’ils se rendent au domicile de cette femme, les policiers découvrent son corps momifié sur un canapé. Elle est décédée de mort naturelle. La famille, composée d’un fils d’une soixantaine d’années et d’un petit-fils (autiste), vivait recluse.

Dans un premier temps, le sexagénaire indiquera qu’il n’a pas notifié la disparition de sa mère afin de continuer à toucher sa pension, et de subvenir aux besoins de son fils. Les poursuites judiciaires à cet égard seront abandonnées. Les psychiatres comprennent que le décès voici quelques années de l’épouse du sexagénaire a eu un impact majeur sur son équilibre psychologique, et qu’il a considérablement resserré ses liens avec sa mère d’une part, et son fils de l’autre. La mort de sa mère, huit mois auparavant, l’a profondément traumatisé. L’homme expliquera qu’il ne voulait pas la quitter, et qu’après un moment de doute, il a gardé le silence sur le décès et repris une vie « normale ».

Les spécialistes observent un détachement émotionnel et une humeur dépressive, avec des signes de culpabilité, d’indignité, de rumination mentale et de dévalorisation. Ils diagnostiquent un état dissociatif post-traumatique, avec le sentiment d’être un observateur de son existence, ce qui a sans doute permis d’atténuer l’angoisse liée à la perte de sa mère. Le fait de vivre en présence de son corps agissait comme s’il était possible de maintenir cette relation si étroite.

Voir aussi l'article : Incroyable : un suicide par… 14 balles dans la tête

Source: Journal of Forensic Sciences (https://onlinelibrary.wiley) via Le Monde (www.lemonde.fr)
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