La polyarthrite rhumatoïde

Dernière mise à jour: août 2015 | 50129 visites
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La polyarthrite rhumatoïde

dossier Le rhumatisme est un terme générique qui englobe des maladies très diverses, avec des malformations des articulations, des muscles, des tendons, des capsules articulaires et du squelette.

Des dizaines de pathologies de l’appareil moteur entrent en compte.

On peut néanmoins diviser les maladies rhumatismales en quatre groupes.

• Le rhumatisme inflammatoire
• L’arthrose
• Le rhumatisme des tissus mous
• Les rhumatismes du squelette

Le rhumatisme inflammatoire


Il est caractérisé par un processus inflammatoire chronique. L’une des formes spécifiques est la polyarthrite rhumatoïde.

La maladie de Bechterew traduit une inflammation articulaire de la colonne vertébrale et du bassin. On citera aussi des maladies systémiques comme le lupus érythémateux, la sclérodermie ou le syndrome de Gougerot-Sjögren. Dans le cas de ces pathologies, d’autres endroits du corps peuvent être touchés, à l'instar des reins, de la peau, des muqueuses, des poumons et du coeur.

L’arthrose


L’arthrose est une pathologie qui affecte fortement la qualité de vie, en raison de la détérioration du cartilage articulaire, qui peut complètement disparaître. L’arthrose affecte surtout - mais pas seulement - les mains, les genoux et les hanches. Elle touche essentiellement les aînés mais de jeunes adultes peuvent en souffrir. Elle est caractérisée par des douleurs, des gonflements et des raideurs aux articulations.

Le rhumatisme des tissus mous


Hors articulations, en fait. Il concerne les muscles, les tendons, et les disques intervertébraux. La fibromyalgie (muscles) et la tendinite s'inscrivent dans ce contexte.

Les rhumatismes du squelette


L’ostéoporose en est l'exemple type.

Après avoir présenté ce tableau général, examinons en détail les caractéristiques de la polyarthrite rhumatoïde.

De quoi s'agit-il ?

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La polyarthrite rhumatoïde est une maladie articulaire chronique progressive. L'inflammation siège dans la membrane synoviale. Celle-ci délimite l’articulation et fait la jonction entre les extrémités de deux os recouverts de cartilage. Elle sécrète un liquide synovial qui lubrifie l’articulation et la rend mobile.

L’inflammation entraîne deux phénomènes : une sécrétion excessive de liquide qui s'accumule dans l'articulation et la prolifération des cellules de la membrane qui s’épaissit. Ce processus accroît la libération de substances (enzymes, radicaux libres...) qui lèsent plus ou moins directement le cartilage, l’os, puis éventuellement les tendons à proximité.

On estime qu'entre 1% et 2 % de la population adulte souffre de cette affection. Quelque 60 à 80.000 patients sont ainsi diagnostiqués en Belgique. Les femmes sont trois fois plus touchées que les hommes. Le pic de fréquence se situe entre 40 et 50 ans, mais toutes les tranches d'âge peuvent être concernées.

La cause précise n'est pas connue, mais on sait qu'un dérèglement du système immunitaire intervient : le système de défense de l'organisme s'attaque à ses propres tissus, déclenchant ainsi le processus inflammatoire. L'analyse de sang met en évidence une vitesse de sédimentation élevée, une anémie, une carence en fer et une CRP élevée (protéine C réactive : un marqueur de l'inflammation).

Les symptômes

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Les signaux d’alarme sont facilement identifiables. Citons l'œdème (gonflement), la douleur, la raideur et la perte de force. La raideur et la douleur sont surtout observées le matin et après une période de repos. Les déformations (des doigts, par exemple) apparaissent progressivement. L'évolution est symétrique : si une articulation est touchée d’un côté, celle de l'autre côté le sera aussi.

Si quatre des symptômes suivants sont identifiés, le risque de souffrir de polyarthrite rhumatoïde est à considérer.

Une raideur matinale qui se prolonge durant plus d’une heure, depuis au moins six semaines.

Une inflammation avec douleur et gonflement touchant au moins trois articulations, depuis au moins six semaines.

Inflammation de la main, du poignet ou des doigts depuis au moins six semaines.

• Un marqueur du rhumatisme dans le sang.

• Des signes radiologiques.

Dans le doute, il est nécessaire de se tourner vers son médecin généraliste, qui dressera un premier bilan. Poser un diagnostic précoce est essentiel, afin mettre en oeuvre un traitement destiné à freiner l'évolution, et de fait à apaiser les symptômes.

Le traitement

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Il n'existe pas de moyen de prévention de la maladie.

Certains facteurs de risque possibles ont été avancés, comme le tabagisme et l'obésité, mais leur rôle est mal défini.

Une alimentation riche en oméga-3 (que l'on trouve dans les poissons gras) pourrait exercer un effet bénéfique.

La maladie ne pouvant pas être guérie, l'objectif consistera à soulager la douleur, à juguler l'inflammation et à freiner la décalcification.

Il est important de doser correctement les périodes de repos et d'activité physique. Le kinésithérapeute et l'ergothérapeute fourniront à ce propos des conseils précieux.

Dans certains cas, la chirurgie est indiquée (correction d'une déformation invalidante, par exemple).

L'exposition à la chaleur peut soulager, par un effet de relaxation musculaire et d'assouplissement des articulations (lampe à infrarouges, coussin contenant des noyaux de cerise à chauffer au four à micro-ondes, hotpacks...). Même chose pour le froid, utile après une forte sollicitation des articulations (coldpacks).

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Les médicaments


Les anti-inflammatoires non stéroïdens (Ains). Comme leur nom l'indique, ils luttent contre l'inflammation, avec un effet antidouleur. Les effets indésirables possibles sont d'ordre gastrique (saignements, ulcérations...) et rénal.

Les corticostéroïdes, comme le prednisone. Indiqués contre l'inflammation, ils seront administrés durant une période aussi courte que possible. Un contrôle sanguin et une analyse d'urine interviendront régulièrement.

Les inducteurs de rémission. Une série de médicaments permettent de démarrer un traitement de fond classique. Ce sont les sels d’or, la D-pénicillamine base, les antipaludéens, la sulfasalazine, l’azathioprine, le méthothrexate et la ciclosporine. Ces médicaments peuvent avoir un effet bénéfique après quelques mois, mais aucun ne peut prétendre à une efficacité optimale chez tous les patients. Le risque d'effets secondaires sérieux appelle un suivi médical rigoureux.

Les inhibiteurs COX-2 sélectifs (coxibs). Leur effet est sensiblement le même que celui des anti-inflammatoires non stéroïdiens (Ains) classiques, mais ils provoquent nettement moins de dommages à l’estomac. Ils sont prescrits dans le cas de douleurs rhumatismales prononcées, qu’ils soulagent mais ne guérissent pas.

Les inhibiteurs du TNF. Les cytokines sont des substances qui jouent un rôle essentiel dans la communication entre les cellules. Certaines favorisent l'inflammation, d'autres la combattent. L'équilibre entre ces deux types de cytokines est donc crucial : c'est à cela que contribuent les inhibiteurs du TNF (ou TNF alpha). Les résultats sont positifs chez 50 à 70% des patients ainsi traités. Ces médicaments n'interviennent cependant qu'en cas d'échec de l'approche classique (voir ci-dessus).

Le léflunomide. Ce médicament agit sur le système immunitaire, en freinant la multiplication des lymphocytes T, des cellules qui jouent un rôle crucial dans l’apparition de la maladie. Les effets sont sensiblement les mêmes que ceux obtenus avec des produits classiques comme le méthotrexate, mais avec une action plus rapide et une meilleure protection contre les dommages articulaires. Les risques de toxicité hépatique exigent un bilan sanguin régulier.


publié le : 02/01/2014 , mis à jour le 08/08/2015
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