Les mystères de l’effet placebo

Dernière mise à jour: janvier 2013 | 2744 visites
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news L’effet placebo est identifié de longue date, mais recèle encore de nombreuses inconnues. En tout cas, les conditions d’administration d’un traitement peuvent être aussi importantes que le traitement lui-même.

C’est ce qu’a exposé le Pr Jean-Louis Brazier, attaché à la faculté de médecine de l’université de Montréal, à l’occasion d’une conférence organisée par Les Sceptiques du Québec, une association qui vise à « promouvoir la pensée critique et la rigueur scientifique » face à des allégations de nature, disons, pseudo-scientifique.

Premier point, rappelle le Pr Brazier, « l’effet placebo représente tout ce qui n’est pas l’effet pharmacologique intrinsèque du principe actif » (pour prendre le cas du médicament). Double observation, à partir de cela : 1°) il ne s’agit donc pas d’un effet nul ou imaginaire, et 2°) une absence de mécanisme pharmacologique ne signifie pas nécessairement absence d’effet.

Prenons l’exemple des antidouleurs : plusieurs travaux ont montré qu’ils agissaient plus rapidement et plus efficacement lorsque le patient est conscient qu’on les lui administre. Cette « bonification » ne peut être due qu’à l’effet placebo. Une expérience réalisée avec un certain type d’analgésique a quant elle mis en évidence le fait que si celui-ci était utilisé sans que le patient le sache, le soulagement était nul. « L’effet placebo peut en outre se produire par simple apprentissage ou conditionnement visuel ou verbal », poursuit le Pr Brazier.

Il cite aussi cette séquence durant laquelle « un acteur feint une douleur lorsqu’une électrode placée sur son doigt s’allume : un sujet qui observe la scène pourra ressentir une douleur réelle lorsqu’il prendra la place de l’acteur, même si aucune décharge électrique n’est administrée ».
En fait, « tout repose sur les attentes : plus elles sont grandes, plus important sera l’effet du traitement. Tous les éléments associés au traitement peuvent jouer un rôle : son coût, la personne qui l’applique, la qualité de la relation thérapeutique, la couleur ou le goût du comprimé, etc. » Cet état d’attente quant à l’efficacité d’un traitement est en fait « un état émotif relevant de la neurobiologie des émotions », avec la mise en œuvre de mécanismes complexes, impliquant les circuits de l’émotion, de la douleur, du plaisir… Une réaction biochimique à un conditionnement psychologique, en somme ; et qu’il est essentiel pour le personnel soignant d’intégrer dans sa relation avec le patient.


publié le : 05/01/2013 , mis à jour le 04/01/2013
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