L'uvéite (inflammation de l'oeil)

Dernière mise à jour: août 2015 | 114424 visites
Dans cet article
L'uvéite (inflammation de l'oeil)

dossier L’uvéite est une inflammation de l’uvée, la membrane intermédiaire de l'oeil. Quels sont les symptômes, les causes et les traitements de cette maladie ?

L'uvée est la membrane vascularisée et nourricière de l'oeil. Elle comprend la choroïde, le corps ciliaire et l'iris.

Une uvéite peut être aiguë ou chronique (lorsqu'elle dure plus de de trois mois). La forme persistante est caractérisée par une alternance de périodes sans symptômes et de rechutes.

Les symptômes

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• Un oeil rouge et douloureux.

• Une baisse de l’acuité visuelle à un œil ou aux deux.

• Une vision trouble, brouillée, parfois déformée, de taches noires dans le champ de vision.

• Une photophobie (sensibilité excessive à la lumière).

Toutes les formes d’uvéite peuvent conduire à une diminution temporaire ou permanente de l’acuité visuelle, voire à la cécité et donner lieu à d'importants problèmes oculaires : glaucome, cataracte, rétine endommagée, cornée touchée, tension oculaire élevée....

L'inflammation de l'uvée peut être associée à une atteinte du nerf optique (névrite optique) ou de la rétine (rétinite), mais ce n'est pas systématique.

Les causes

Voici les causes possibles d'uvéite et que l'on retrouve dans la moitié des cas. Pour l'autre moitié, un mécanisme auto-immun spécifique est probable.

L'infection

L'uvéite est d'origine infectieuse dans 20 à 30% des cas. Les germes et les maladies les plus souvent en cause : virus de l'herpes, varicelle, zona (varicella zoster), cytomégalovirus, tuberculose, syphilis, toxoplasmose et maladie de Lyme. L'infection au cytomégalovirus est parfois associée au sida.

Les parasites

L'onchocercose ou cécité des rivières et la toxocarose sont parmi les maladies parasitaires les plus fréquemment impliquées dans l'uvéite.

Une série de maladies

• pathologies rhumatismales (Bechterew, Reiter)
• maladies intestinales (colite ulcéreuse, maladie de Crohn)
• arthrite psoriasique
• sarcoïdose
• maladie de Behçet

Un rhumatisme juvénile ou une arthrite rhumatoïde juvénile est diagnostiquée chez la moitié des enfants souffrant d'uvéite.

Un traumatisme

Chirurgical (après une intervention à l’oeil) ou accidentel.

La génétique

Le groupe HLA-B27 est fréquemment retrouvé chez les patients présentant une uvéite, sans qu'il y ait nécessairement un atteinte articulaire.

Les trois formes d'uvéite

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Source : Inflam'Oeil

Cette distinction renvoie à la partie de l’oeil la plus touchée.

L'uvéite antérieure, aussi appelée iridite ou iridocyclite, est la plus fréquente (80 à 90 % des cas). Elle concerne la chambre antérieure, et donc l’iris.

L'uvéite intermédiaire. Elle touche le vitré antérieur, souvent aux deux yeux. Cette forme survient généralement entre 20 et 40 ans. Au début en tout cas, les patients expriment des plaintes relativement modérées : une vision un peu trouble, des taches noires dans leur champ visuel, et ceci sans douleurs.

L'uvéite postérieure : vitré postérieur (choroïde) et rétine.

La panuvéite (rare) correspond à une uvéite totale.

La distinction entre les différentes formes d'uvéite est extrêmement importante puisque chaque type d’uvéite doit être traité de manière spécifique.

Le diagnostic

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Une fine évaluation ophtalmologique est indispensable.

• L'examen à la lampe à fente permet de bien visualiser la chambre antérieure. On peut notamment y observer des opacités floconneuses.

• L'examen du fond d'œil, après dilatation médicamenteuse (collyre) de la pupille, permet de repérer des opacités du vitré, l'atteinte de la rétine ou celle de la choroïde.

• Une analyse de sang ou du liquide lacrymal peut compléter ces examens.

Les traitements

L'objectif premier consiste à juguler l'inflammation et ainsi prévenir un endommagement de la rétine. Lorsque la cause de l'uvéite est connue, le traitement visera bien entendu à la traiter.

L'origine infectieuse

Si elle est virale, des antiviraux seront administrés.

L'inflammation modérée à sévère sans infection

L'inflammation sera traitée par l'administration de corticoïdes locaux (gouttes oculaires - dexaméthasone). Dans les cas sévères ou chroniques, les corticostéroïdes seront administrés par injection intra-oculaire et par comprimés. Les corticostéroides ne sont pas dénués d'effets secondaires, dont une augmentation de la tension de l’œil et un risque de cataracte en cas d’utilisation prolongée.

Les cas réfractaires et aigus

Un traitement immunosuppresseur sera préconisé : cyclophosfamide, chlorambucile, méthotrexate, cyclosporine. De même, des inhibiteurs du facteur de nécrose tumoral (anti-TNF alpha) ont été essayés, surtout lors des atteintes oculaires liées à la maladie de Behcet, avec un succès significatif.

Avec des douleurs importantes

Des gouttes oculaires seront utilisées pour dilater l’iris. Elles permettent d’éviter que l’iris colle au cristallin et atténuent ainsi la douleur : atropine, homatropine, tropicamide ou phényléphrine. La vision de près peut être fortement altérée.

Les cas très sévères

Si les autres traitements ne suffisent pas, la chirurgie peut intervenir.


publié le : 09/04/2015 , mis à jour le 08/08/2015
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