La hernie discale

Dernière mise à jour: septembre 2013 | 37988 visites

dossier Une hernie discale est une protubérance du disque intervertébral. Cette protubérance peut appuyer sur un nerf ou sur la moelle épinière, ce qui donne naissance à des douleurs ou encore à des cessations d’activités fonctionnelles comme une paralysie ou une perte de sensibilité.

Les hernies discales sont parmi les opérations qui sont le plus fréquemment pratiquées par les neurochirurgiens. Les hernies peuvent toucher la colonne vertébrale en tous niveaux. Les plus courantes sont les hernies qui surviennent dans le bas du dos (discales) et ensuite celles du cou (cervicales).

Anatomie du rachis cérébral

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Le rachis cérébral se compose de 7 vertèbres. La plupart des mouvements et les plus grandes possibilités motrices se passent entre l’atlas (la première des vertèbres cervicales C1. et la seconde C2. Au total, on dénombre donc 7 vertèbres cervicales de C1 jusqu’à C7. A l’exception des deux vertèbres du haut, il y a toujours entre deux vertèbres un disque intervertébral qui est constitué d’un noyau élastique qui est,quant à lui, entouré d’un anneau fibreux.

Le disque est élastique et agit comme une sorte d’amortisseur. De plus, les disques intervertébraux font de sorte que les vertèbres puissent bouger l’une par rapport à l’autre comme une sorte de roulement à billes.
La plupart des hernies cervicales se situent entre la 5e et la 6e vertèbre cervicale et entre la 6e et la 7e.

L’hernie

Il s’agit d’une dégénération ou d’une usure d’un disque intervertébral. Il s’agit d’un processus naturel qui se produit chez tous les êtres humains à des degrés divers au cours de la vie. Cela peut donner naissance à des douleurs cervicales mais cela peut également être asymptomatique. Une dégénérescence du disque intervertébral peut donner naissance à une protubérance. On observe parfois une fissure au niveau de l’anneau fibreux.
Tout le monde peut être atteint d’une hernie cervicale. Pourquoi un individu en souffre-t-il et un autre pas, n’est pas encore défini. On constate simplement qu’il y a des familles qui semblent plus touchées par ce type de problème que d’autres. La douleur et le périmètre de diffusion de la douleur peuvent augmenter sous l’effet d’une toux, d’un éternuement ou sous une pression qui sera supérieure dans le canal rachidien.

Afin d’atténuer la douleur ressentie au niveau des cervicales, les patients posent souvent la main du bras douloureux à l’arrière de la tête. Dans cette position, la racine nerveuse est moins sous pression.
De récentes études ont démontré que le tabac peut accélérer le processus de dégénération des disques intervertébraux, ce qui a un effet particulièrement négatif sur l’ensemble de la colonne vertébrale.
On constatera souvent des plaintes au niveau du cou avant que ne soit diagnostiquée une hernie. La symptomatologie de l’hernie cervicale est la suivante : douleur qui irradie jusque dans le bas avec souvent une sensation d’engourdissement ou des picotements.

La pose du diagnostic

Afin d’établir que les douleurs ressenties dans le bras et également les conséquences éventuelles qui en découlent sont causées par une protubérance dans les disques intervertébraux, il faut procéder à des examens complémentaires.
3 types d’examens sont généralement pratiqués :

1. L’IRM
Il s’agit de nos jours de l’examen de premier choix car il permettra avec précision d’établir le diagnostic d’une hernie cervicale, mais une IRM ne se fait pas partout en milieu hospitalier et on optera souvent pour un CT Scan ou une tomographie informatique. Il sera parfois utile de disposer d’informations précises sur la structure du squelette de la colonne cervicale et l’IRM peut donc être insuffisante.

2. Le CT Scan
A pratiquer éventuellement avec un examen de contraste (l’élément de contraste sera administré via injection au moment de l’examen ou via une piqûre dans le dos). Les structures osseuses de la colonne vertébrale seront parfaitement visibles lors d’un scanner, ce qui peut être intéressant quant au choix du type d’opération à pratiquer. Le CT Scan peut donc fournir des informations complémentaires à un patient qui aura précédemment fait une IRM.

3.RX ou rayons x - radio de la colonne vertébrale et des cervicales
Avec cette ‘photo’, on ne peut pas donner un diagnostic de l’hernie cervicale ou discale mais il s’agit néanmoins du premier examen qui est prescrit aux personnes qui se plaignent de douleurs dans la nuque, aux cervicales ou qui présentent des symptômes qui évoquent une hernie cervicale. La radio donnera des informations concernant la structure osseuse de la colonne vertébrale, des cervicales. On peut ainsi diagnostiquer des anomalies osseuses, posturales, des mouvements anormaux au niveau cervical ou vertébral ou encore des traces d’usure, d’arthrose des articulations ou du disque intervertébral. De plus, les neurochirurgiens lors de la planification d’une opération ou même pendant l’intervention se baseront sur les radios.

L’opération

Toutes les hernies cervicales ne doivent pas être opérées. Il faut que les patients souffrent de plaintes induites par l’hernie et encore… puisque dans 70 à 80 % une physiothérapie sera envisagée, du repos et des antidouleurs seront prescrits. Des mobilisations manuelles, des manipulations, des exercices de correction, des corrections de posture, de tenue, de maintien pourront aider de nombreux problèmes. Vu le fait que des plaintes peuvent évoluer favorablement, il ne faut pas envisager trop rapidement une intervention chirurgicale.

D’un autre côté, la phase de revalidation sera d’autant plus longue que le patient aura attendu avant de se faire opérer… On préconise d’attendre plus de 6 semaines après l’apparition des symptômes avant de prendre une décision mais de ne pas d’attendre plus de 6 mois.
On dénombre néanmoins 2 sortes de patients chez lesquels une opération doit être pratiquée sur le champ :

a) Le cas où une opération est absolument indiquée. C’est surtout le cas lorsque le patient présente un risque accru de paralysie suite par exemple à la pression de l’hernie sur un nerf ou sur la moelle épinière.

b) Egalement le cas d’une indication d’opération relative. C’est le cas lorsque le patient souffre énormément, que sa vie et sa manière de vivre en sont fortement perturbées, que le patient déclare lui-même qu’il n’en peut plus. Ce type de patient souffre souvent de douleurs continues et insupportables.

L’opération d’une hernie se déroule toujours sous anesthésie générale. On dénombre différentes formes d’opérations. On n’a jamais démontré qu’une méthode soit meilleure qu’une autre de sorte que chaque neurochirurgien ou orthopédiste décidera lui-même de la technique opératoire qui conviendra le mieux au patient et surtout de celle qu’il maîtrise le mieux. La technique qui semble bénéficier de la confiance du patient ou qui correspond le mieux à certaines spécificités du patient sera choisie à l’unanimité.

Les risques postopératoires

Comme pour toute opération, il y a des risques inhérents à l’intervention même s’ils sont faibles. Comme les hernies cervicales et discales sont fréquentes, de telles opérations sont souvent considérées par les neurochirurgiens et les chirurgiens orthopédistes comme des interventions de routine. Néanmoins, on peut observer une perte de sensibilité, une paralysie suite à des manipulations des terminaisons nerveuses qui auraient été fortement endommagées. On peut observer une inflammation de la plaie ou encore des espaces intervertébraux...ainsi qu’une hémorragie au sein du champ opératoire.

On observe aussi souvent des phénomènes postopératoires de courte durée comme une voix rauque, des douleurs lors de la déglutition ou le sentiment d’avoir une boule dans la gorge surtout chez les patients qui ont subi une opération des cervicales par l’avant. Une détérioration des cordes vocales avec une voix rauque (mais qui ne sera pas temporaire) est une complication rarissime. Il peut arriver, mais c’est encore plus rare, qu’il y ait un endommagement de l’œsophage et/ou de la moelle épinière.

Après l’opération

Après l’intervention, le patient sera conduit en salle de réveil. Selon les cas, un drain sera placé dans la plaie au niveau du cou ou de la nuque, cela dépendra au cas par cas mais il sera retiré endéans les 24h et ce, afin d’éliminer le sang qui aurait pu s’agglutiner au niveau du champ opératoire. Lorsque l’opération aura eu lieu via l’arrière donc la nuque, le patient souffrira de douleurs cervicales et parfois de douleurs aux épaules. Les opérations pratiquées par l’avant ont pour conséquences, les premiers jours qui suivent l’opération, de provoquer des problèmes et des douleurs au niveau de la gorge. La douleur au niveau du bras aura disparu immédiatement après l’opération ou aura considérablement diminué. Le patient ressentira souvent une sensation d’engourdissement dans les doigts et le bras, parfois nettement plus prononcée qu’avant l’opération mais cela ne durera pas longtemps alors que la douleur aura disparu.

Les phénomènes de paralysie ressentis avant l’intervention seront considérablement réduits après l’opération mais ce n’est malheureusement pas toujours le cas ! Les douleurs de la nuque pourront disparaître mais l’opération n’agit généralement pas à ce niveau. Des douleurs au niveau de la nuque ne sont d’ailleurs pas une raison suffisante pour opérer car d’autres causes qu’une hernie peuvent entraîner de telles plaintes. Le jour qui suit l’opération, le patient pourra se lever et s’il peut suffisamment se mouvoir, il pourra rentrer à la maison. Un traitement postopératoire spécifique sera mis en place : physiothérapie, repos et parfois une minerve. Il est impératif de rester au calme, de se reposer pendant 2 à 3 semaines. Après ce laps de temps, le patient pourra progressivement reprendre des activités normales.

Un contrôle postopératoire aura lieu 6 semaines après l’intervention et le praticien envisagera alors si la physiothérapie doit être prolongée ou pas. Tout dépend de la tension ressentie au niveau de la nuque et/ou des épaules. En règle générale, 80 à 90% des patients sont satisfaits du résultat de leur opération. Les récidives sont rarissimes dans le cas d’une hernie cervicale et ce, surtout à la même place. Mais une hernie peut se placer à un autre endroit. En effet, les niveaux entourant l’endroit qui a été opéré devront soutenir une pression supérieure ce qui favoriserait le terrain pour développer de nouvelles hernies.


publié le : 24/03/2011 , mis à jour le 03/09/2013
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