Le cancer colorectal

Dernière mise à jour: mars 2011 | 20754 visites

dossier On dénombre chaque année en Belgique quelque 4.000 nouveaux cas de cancer du côlon. La parité homme-femme est respectée. Le cancer colorectal est le 2e cancer en ordre d’importance chez la femme après le cancer du sein et le 3e chez l’homme. Le risque croît plus fréquemment à partir de 50 ans. Un diagnostic précoce augmente les chances de guérison.

Cancer du côlon : c’est quoi ?

Il s’agit le plus souvent d’une grosseur, une tumeur de cellules cancéreuses qui se loge dans le gros intestin. La plupart du temps le processus débute par un polype bénin dans le tractus intestinal. Ce dernier (s’il n’est pas dépisté, retiré via coloscopie) mettra entre 5 à 10 ans avant de migrer et de donner lieu à une tumeur maligne.

Les éventuels signes avant-coureurs

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Les symptômes suivants lorsqu’ils surviennent ne signifient pas nécessairement qu’il y a cancer colorectal mais ils doivent néanmoins inciter le patient à consulter sans tarder :
• Une modification sans explication de la défécation (constipation, diarrhée),
• La présence de sang dans les selles,
• Des douleurs abdominales constantes et persistantes,
• Une perte de poids sans raisons valables,

Les facteurs de risque

Dans 75% des cas, on ne recense aucun facteur de risque. Pour les 25% restants, on dénombre souvent des facteurs prédisposant comme par exemple un terrain familial/génétique, des antécédents familiaux, l’âge, la présence de polypes, des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin.

Le facteur familial n’est en fait relevant que si plusieurs personnes de la même famille souffrent de ce type de cancer ou de polypes.
Plus le nombre de personnes sera élevé au sein de ce noyau familial, plus le facteur risque augmentera. L’âge de 50 ans est un cap mais ce cancer peut également survenir à tout moment.
L’âge moyen chez les femmes est de 72 ans et chez les hommes, de 69 ans. Seulement 5% des polypes deviendront cancéreux.
Environ 25% de la population ont des polypes intestinaux à partir de la cinquantaine.

Comment prévenir le cancer colorectal ?

Une alimentation riche en fruits et légumes, équilibrée et pauvre en graisses et sucres est essentielle au niveau préventif.
Il convient également d’anticiper le dépistage de polypes en faisant une étude des selles une fois par an, une coloscopie tous les 5 ans à partir de 50 ans.
Une activité physique régulière, éviter toute surcharge pondérale, prendre une supplémentation en fibres et en calcium etc., pourraient avoir un effet protecteur mais les preuves scientifiques font encore défaut.
De même, certains affirment que la prise d’une aspirine pourrait avoir un effet protecteur mais aucune preuve scientifique ne vient étayer ces propos.

Une détection précoce

Le cancer colorectal est l’un de ceux que l’on peut le plus facilement traiter et ce, si le diagnostic est posé précocement. Une tumeur du côlon se forme toujours à partir d’un polype. Seuls les polypes, qualifiés d’adénomes, sont cancéreux. Dépistage et ablation des polypes peuvent donc éviter chez beaucoup de personnes un cancer. Rappelons qu’un polype ou qu’une tumeur à un stade précoce ne présente que peu de symptômes.

Les moyens pour détecter des polypes ou tumeurs malignes
Le test FOBT ou faeces occult blood test qui à base d’un échantillonnage de selles (3 prises de selles consécutives), et d’une culture permet de détecter la présence de sang ou non dans les selles. A conseiller entre 40 et 50 ans.

L’endoscopie
L’endoscopie permet à l’aide d’une minuscule caméra de visualiser l’intérieur de la paroi intestinale, néanmoins elle ne permet pas de passer tout l’intestin en revue. Elle s’arrêtera au recto-sigmoïde. Elle permet toutefois de détecter 40 à 60% des polypes. On la recommande dès l’âge de 50 ans tous les 5 ans. Si l’on veut pousser les investigations plus loin, il convient de proposer une coloscopie généralement sous légère anesthésie générale avec une préparation 24h avant l’examen qui permet de vider complètement les intestins. Elle permet une détection de 100% des polypes et de les retirer en cours d’examen et/ou de pratiquer une biopsie.

Le lavement baryté
Le lavement baryté qui grâce à l’ingestion d’un produit blanc permet d’obtenir des clichés en double contraste. Le radiologue pourra examiner le gros intestin.
On peut également recourir à un CT Scan. Sans douleur, si ce n’est une injection dans le bras d’un produit de contraste qui permet d’obtenir des coupes très précises des intestins mais aussi des organes voisins. Cet examen est souvent préconisé lorsque le diagnostic du cancer du côlon a été posé et ce, afin de diagnostiquer ou non des métastases.

L’échographie
L’échographie permet de diagnostiquer les éventuelles métastases au foie ou d’offrir une belle visualisation lors d’une ponction en cas de biopsie. L’endo-échographie permet, quant à elle, via le rectum de voir comment une tumeur a évolué, grossi et touché la paroi intestinale.

La coloscopie virtuelle
La coloscopie virtuelle permet d’examiner le gros intestin. On insuffle de l’air ce qui peut être très désagréable et contrairement à la coloscopie classique, elle est moins précise et surtout ne permet pas, en cours d’examen, l’ablation d’un polype ou la réalisation d’une biopsie.

Les stades du cancer colorectal

Dès que le diagnostic a été posé, il convient de connaître les perspectives de guérison et de voir s’il existe des métastases. C’est ce qu’on appelle définir le stade de la maladie. A chaque stade de la maladie correspondent divers traitements. On définit cette classification selon 3 critères : la classification TNM. T pour Tumor , N pour Nodes ou ganglions lymphatiques autour de la tumeur et M pour Metastases.

Stade 0
Présomption de cancer/ cancer en puissance avec par exemple la présence d’un polype
Survie à 5 ans
Stade 1
Une tumeur qui se limite à l’intestin seul
Guérison dans 85 à 95% des cas
Stade 2
Une tumeur qui a grossi et transpercé la paroi intestinale sans atteindre les ganglions lymphatiques
60 à 80% de guérison
Stade 3
Tumeur qui a colonisé les ganglions lymphatiques voisins
30 à 60% de guérison
Stade 4
Tumeur qui s’est propagée à d’autres organes (le plus souvent le foie et les poumons)
Moins de 5% de chances de guérison.

Traitements

Ablation chirurgicale.
On estime qu’environ la moitié des patients ne survivra pas à la maladie. C’est le stade de dépistage qui déterminera le pronostic de guérison. On optera aussi parfois pour une combinaison de divers traitements. Comme déjà susmentionné, lors d’une endoscopie ou coloscopie, le praticien pourra déjà procéder à l’ablation d’un polype, effectuer une biopsie aux endroits suspects. En cas de cancer du gros intestin, le chirurgien procèdera à l’ablation de la tumeur mais aussi d’une partie de l’intestin. Tout dépend de la grosseur de la tumeur. En fonction de l’opération, le patient devra parfois avoir recours à une stomie temporaire (une poche extérieure sera mise en place afin que l’intestin récupère un maximum de l’opération). Un anus artificiel peut être préconisé à vie mais c’est assez rare. Le patient quittera l’hôpital après une semaine. Si la tumeur est située sur le rectum, si elle est petite, on parviendra grâce à la nouvelle technique de TEM (Microchirurgie Endoscopique Transanale) de l’enlever via l’anus ou alors via l’abdomen. Si la tumeur est très proche ou sur le rectum, il faudra parfois supprimer les sphincters et un anus artificiel sera mis en place.

La chimiothérapie.
Tout dépend du stade du cancer au moment de l’opération et s’il y a ou non des métastases en dehors de l’intestin. On préconisera une chimiothérapie ou radiothérapie. La chimiothérapie permettrait de retarder l’apparition de métastases et dans 10% carrément de les empêcher. La chimio se passe le plus souvent via une perfusion durant 24 à 48h à raison d’1 à 2 fois par semaine. On peut aussi recourir à un traitement par anticorps monoclonaux qui sont des matériaux fabriqués en laboratoire et qui peuvent être administrés en complément d’une chimiothérapie chez des patients avec un cancer de l’intestin très sévère. Et la radiothérapie ? On y a recours lorsqu’il s’agit d’un cancer au niveau du rectum. On peut ainsi précisément irradier via des rayons ionisants des cellules cancéreuses qui seront ainsi détruites. Attention, des cellules saines qui sont exposées à ce rayonnement peuvent être endommagées mais elles se rétablissent généralement mieux que les cellules cancéreuses.

La radiothérapie peut se faire à la fois en interne et en externe (via un tube inséré dans l’anus). Le nombre de séances d’irradiations dépend de la taille de la tumeur et de la capacité des cellules saines à se régénérer entre 2 séries de rayons. On propose aussi souvent une radiothérapie après une opération afin d’éviter les récidives. L’irradiation se fait par série. Tout comme la chimiothérapie (perte des cheveux, nausées, vomissements, faiblesse générale, perte d’appétit, aphtes, irritations cutanées, déchaussement des dents, perte de goût, perte de salive, diarrhée), la radiothérapie présente divers effets secondaires. Enfin, la cryochirurgie ou congélation- traitement à froid. Elle est utilisée en cas de métastases au foie et parfois en cas de tumeurs de petite taille dans le rectum qui sont facilement atteignables via l’anus. On introduit via la paroi intestinale ou l’anus une tige congelée qui permet de geler les cellules cancéreuses afin de les éradiquer. On a aussi parfois recours au laser pour ces 2 cas de figure. En cas de métastases au foie qui sont inopérables, on a recours à la RFA ou thermo-ablation qui consiste à exposer les métastases à une température de 80C° à laquelle elles ne survivent pas. Enfin, dans les cas où le péritoine et la cavité abdominale sont touchés, on procède chirurgicalement à l’ablation des tissus et on opte pour le CHIP. La cavité abdominale et le péritoine sont rincés via des cytostatiques chauffées pour éliminer toutes les cellules cancéreuses restantes. Via administration locale, on peut avoir des concentrations très élevées. Il s’agit d’un traitement lourd, agressif qui n’est pratiqué que dans de rares hôpitaux mais qui semble prometteur à court terme.


publié le : 09/03/2011 , mis à jour le 30/03/2011
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