Les jambes sans repos

Dernière mise à jour: août 2015 | 13830 visites

dossier Le syndrome des jambes sans repos (restless legs syndrome ou RLS) est une pathologie neurologique qui se manifeste par une sensation d’irritation et de brûlure (ou burning), comme si des insectes grouillaient sous la peau des mollets, soit dans une jambe soit dans les deux, de concert ou en alternance.

Le syndrome peut également se manifester dans le haut des jambes, dans les pieds, le torse ou encore les bras. Pas de douleurs vives, mais une sensation particulièrement ennuyeuse et embêtante.

Les plaintes et les symptômes

Cette sensation engendre souvent un besoin irrépressible de bouger les jambes. Les symptômes apparaissent ou s'intensifient surtout au repos et ils diminuent lorsque le patient bouge les membres.

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Les symptômes se manifestent le plus sévèrement le matin et le soir, surtout en position couchée ; mais ils peuvent se produire à n’importe quel moment de la journée, assis en regardant la télévision, au cinéma, en assistant à un cours, en participant à une réunion…

Environ 80% des personnes qui souffrent de RLS présentent également des contractions musculaires involontaires des membres inférieurs et supérieurs, surtout pendant la nuit ou en phase de repos. Le sommeil peut en être perturbé. C’est ce qu’on appelle le Periodic Limb Movement Disorder (PLMD).

Les jambes et parfois les bras bougent brutalement comme pris de spasmes. Le gros orteil ou l’avant du pied se lèvent, le genou se courbe. Ces contractions sont généralement de courte durée (entre vingt et trente secondes) et surviennent à plusieurs reprises durant la nuit. Le diagnostic est souvent établi après une mise en observation nocturne. Selon les estimations, 5 à 6% de la population est affectée par une forme modérée à sévère de RLS. Autant de femmes que d’hommes sont touchés.

Le diagnostic ne peut intervenir qu’à l’âge adulte alors que de nombreuses personnes souffrent pourtant de cette symptomatologie depuis l’enfance. Certains jeunes qualifiés d’hyperactifs présentent en fait un RLS, qui explique qu’ils ne puissent pas rester longtemps assis. Les plaintes s’aggravent avec l’âge.

Les troubles du sommeil

Bien que le syndrome ne soit pas réellement douloureux, il n’en est pas moins particulièrement invalidant et il peut entraîner des problèmes sévères. L’une des principales conséquences est la difficulté à passer une bonne nuit.

Les troubles du sommeil sont donc fréquents, avec un repos insuffisant et une fatigue chronique durant la journée, accompagnée d’irritabilité, de problèmes de concentration, d'une baisse de productivité... La qualité de vie personnelle et professionnelle peut être notablement affectée.

Les causes et les facteurs de risque

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Les causes


L'origine du syndrome n'a pas encore été formellement identifiée. On suppose que les symptômes pourraient être causés par un mauvais fonctionnement de certaines cellules nerveuses dans la partie du cerveau dévolue aux mouvements musculaires. Ces neurones produisent de la dopamine, une substance chimique qui joue un rôle important dans la transmission des informations.

Dans certains cas, le RLS est la conséquence d’une autre maladie ou encore d’une cause externe. On parle alors de RLS secondaire.

Les facteurs de risque


Des affections chroniques comme le diabète, les troubles rénaux
et le rhumatisme.
• Surtout à l'approche du terme, environ 15% des femmes enceintes souffrent de ce syndrome, qui disparaît après l’accouchement.
Certains médicaments peuvent déclencher ou aggraver les symptômes : des antidépresseurs, des inhibiteurs calciques (hypertension), des antivomitifs, des médicaments contre l’allergie, des tranquillisants et des antiépileptiques (phenytoïne).
• De nombreux patients atteints de RLS souffrent d’anémie ou affichent un taux de fer très bas. Un taux de ferritine inférieur à 40 ng/ml constitue un facteur de risque important.
• Certaines études mettent en évidence un risque accru de souffrir de RLS en cas d’importantes varices et d'une insuffisance veineuse modérée à sévère. Un traitement des varices permet d’améliorer les symptômes du RLS.
• Enfin, les boisons à base de caféine pourraient augmenter l’intensité des plaintes.
• De récentes études scientifiques évoquent un lien entre le RLS et l’hyperactivité et les troubles de la concentration.
L’hérédité intervient également puisque les enfants de parents qui souffrent de RLS sont plus sensibles à cette maladie.

L'hygiène de vie

Lorsqu’il s’agit de RLS secondaire, donc quand les causes sont connues, on peut envisager un traitement et donc une guérison, ce qui n’est pas le cas pour un RLS primaire. Des mesures permettent cependant d'en limiter l'intensité.

L’alimentation


Les boissons à base de caféine doivent être consommées avec une grande modération. Il en va ainsi aussi de l'alcool. Une carence en fer et en vitamines pouvant intensifier les symptômes, une supplémentation sera indiquée le cas échéant : fer, vitamine B2, vitamine B9 (acide folique).

Le sommeil


• Bien aérer la chambre.
• Se coucher et se lever à heures régulières.
• Dormir un nombre d’heures suffisant.

L’exercice physique


Pratiquer régulièrement une activité physique modérée peut donner de bons résultats. Les séances peuvent intervenir en fin de journée, mais elles ne doivent pas être trop intensives, car cela risquerait de perturber le sommeil (en particulier la phase d'endormissement).

Les massages, le biofeedback, la méditation, le yoga ou l'acupuncture peuvent aider, même si aucune étude scientifique n'a réussi à faire la démonstration formelle de leur efficacité.

Les médicaments

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Les médicaments contre Parkinson


Ils agissent sur le système dopaminergique dans le cerveau. Généralement efficaces, ils présentent cependant d’importants effets secondaires. Le traitement débutera avec des doses très faibles. La qualité du sommeil est améliorée, mais au fil du temps, le besoin de bouger s'accentue et l'hyperactivité est de plus en plus marquée.

Les benzodiazépines


Utilisées comme tranquillisants ou somnifères, elles n'ont pas d'effet spécifique sur le RLS, mais permettent de soulager les troubles du sommeil. Les risques d’accoutumance ou de somnolence sont réels, et un suivi médical rigoureux est indispensable.

Les opiacés


Ces analgésiques avec un effet anesthésiant sont prescrits aux patients qui souffrent de symptômes sévères avec un caractère récurrent et que les autres médicaments n’aident pas. Malgré des effets secondaires importants (maux de tête, nausées, hallucinations, vertiges, constipation) et un risque élevé d’accoutumance et de dépendance, ces produits sont efficaces mais doivent être impérativement administrés avec la plus grande prudence et sous surveillance médicale étroite.

Les anticonvulsivants


Divers produits ont été testés dans le traitement du RLS. Ils semblent efficaces notamment contre le besoin irrépressible de bouger les membres. Un certain nombre d’études, portant notamment sur la carbamazépine et la gabapentine, ont montré un effet appréciable. Attention aux effets secondaires (troubles de l’équilibre, somnolence...), et en particulier lors de la conduite d'un véhicule et dans le cadre d'activités professionnelles qui nécessitent d'utiliser des machines dangereuses.


publié le : 05/01/2011 , mis à jour le 08/08/2015
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