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Les bébés prématurés

Dernière mise à jour: août 2015 | 11787 visites

dossier On estime que 7% des grossesses aboutissent à une naissance prématurée. Dans quelle mesure cette situation pose-t-elle un problème, pour les parents et pour l'enfant ?

La prématurité est définie par une naissance avant le terme de 37 semaines d'aménorrhée révolues, soit moins de 259 jours à compter du premier jour des dernières règles. Si la grossesse est interrompue avant 22 semaines d'aménorrhée, les chances de survie sont nulles (on parle alors de fausse couche ou d'avortement spontané).

On distingue classiquement :

la prématurité, entre 32 et 37 semaines
la grande prématurité, entre 28 et 31 semaines
la très grande (ou extrême) prématurité, entre 22 et 27 semaines

Les signes de la prématurité

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• Bien évidemment, ce qui frappe le plus dans l'apparence d'un bébé prématuré, c'est sa taille et son poids, déterminés par la durée de la gestation et la croissance intra-utérine.

La peau présente des caractéristiques particulières : fine (les vaisseaux sanguins sous-cutanés sont bien visibles), rougeâtre (mais aussi bleue, jaune, grisâtre) et d'une consistance un peu gélatineuse (elle est recouverte de vernix caseosa, la substance cireuse qui protège la peau du foetus du liquide amniotique). Les réserves de graisse sous-cutanée sont faibles.

Les épaules et le dos sont recouverts d'un duvet, appelé lanugo.

• Ceci étant, et sauf problèmes particuliers, le prématuré est un bébé bien proportionné et bien formé (doigts de la main et orteils, par exemple). Les organes génitaux (testicules, grandes lèvres) et les seins (mamelon, aréole) peuvent ne pas avoir atteint le terme de leur développement.

• Le pavillon de l'oreille présente une certaine mollesse et peu de relief, ce qui ne gêne d'ailleurs pas l'audition. A ce propos, les prématurés sont très réceptifs aux sons les plus doux.

• L'enfant n'est pas en mesure de téter avant un âge correspondant à 32 semaines de grossesse. Cependant, il est nécessaire de stimuler le réflexe de succion (des tétines spéciales existent).

Les risques de la prématurité

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Les prématurés sont davantage confrontés aux troubles de santé, potentiellement très graves. Ces anomalies peuvent perdurer, causer des séquelles à vie et compromettre le développement de l'enfant.

Ceci n'est évidemment pas une généralité, loin s'en faut. D'autant que des progrès considérables ont été réalisés dans la prise en charge de ces bébés. Lorsque tout se passe bien, un bébé prématuré connaîtra une évolution (physique et mentale) identique à celle d'un enfant né à terme.

Les pathologies spécifiques


Plus l'enfant est né prématurément, plus les risques pour sa santé sont importants (le risque de mortalité néonatale est réel).

Les problèmes respiratoires

La respiration des prématurés est souvent plus rapide, plus saccadée, plus irrégulière. Bien que leurs voies respiratoires soient complètement formées, ils peuvent manquer de surfactant, un liquide tapissant la face interne des alvéoles pulmonaires (petites cavités où s’effectuent les échanges gazeux) et qui, par ses propriétés tensio-actives, modifie l’élasticité et la rétraction des poumons. Ceci explique les cas de syndrome de détresse respiratoire(SDR), avec des difficultés à capter l'oxygène et à évacuer le CO2. Une assistance respiratoire est alors nécessaire.

L'apnée est un phénomène fréquent chez les prématurés et il est important de stimuler le réflexe respiratoire et de le contrôler (par monitoring cardio-respiratoire, avec déclenchement d'une alerte en cas d'apnée prolongée).

Un apport en oxygène, dans la couveuse (ou incubateur), peut être nécessaire. Plusieurs recours existent, comme le hood, une cloche en plastique transparent placée sur la tête, et qui délivre en continue un mélange d'air et d'oxygène. Quant au système des lunettes à oxygène, il se présente sous la forme de deux petits tuyaux placés devant les narines. Dans les cas d'apnées sévères, le CPAP ou ventilation en pression positive continue délivre de l'air via un masque équipe de deux canules glissées dans les narines.

Les problèmes cardiaques

Le passage de la circulation sanguine foetale à une circulation normale peut poser problème chez les prématurés. Le mode de circulation foetale peut ainsi perdurer en raison de la non-fermeture du ductus arteriosus. On parle de persistance du canal artériel, un état pathologique résultant de l’absence de fermeture du canal artériel à la naissance. Ce canal est un des dispositifs de la circulation sanguine fœtale : il joint l’aorte et l’artère pulmonaire. Le traitement consiste en une oxygénothérapie, l'administration de médicaments et une intervention chirurgicale si nécessaire.

Des troubles du rythme cardiaque (arythmie ou bradycardie) sont fréquents et expliquent l'importance du monitoring cardio-respiratoire. Une stimulation manuelle suffit généralement à rétablir un rythme cardiaque satisfaisant.

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Les problèmes gastro-intestinaux

Les prématurés ont un moins bon péristaltisme que les bébés nés à terme, ce qui signifie que les contractions de leur tube digestif sont moins efficaces, avec une progression plus difficile du bol alimentaire. Les défécations sont plus irrégulières et les ballonnements fréquents. L'alimentation sera adaptée au degré de prématurité, avec une nourriture administrée par voie parentérale (intraveineuse), par sonde ou par biberon. Dans ces deux derniers cas, le lait maternel est parfaitement indiqué.

Les problèmes hépatiques

La jaunisse physiologique (hyperbilirubinémie) est typique. Le traitement consiste en une photothérapie (le bébé est placé sous une lampe). La bilirubine est un pigment jaune, produit de dégradation des globules rouges, dont l'accumulation anormale dans le sang et les tissus déclenche un ictère (jaunisse). La bilirubine est assimilée par la peau plutôt qu'éliminée dans les selles, ce qui donne ce teint jaunâtre.

Les problèmes immunitaires

Le système de défense de l'organisme est chargé de lutter contre les agressions, en particulier les microbes. Le prématuré souffre d'une immunité déficiente et se trouve donc en situation de grande fragilité face au risque infectieux. Ceci requiert une vigilance de tous les instants et le cas échéant une réaction rapide et énergique.

Les problème de thermorégulation

Chez les prématurés, la régulation de la température corporelle nécessite une attention toute particulière, en raison d'une quantité modeste de tissu adipeux et d'un système de thermorégulation qui ne fonctionne pas de manière optimale. Pour prévenir de très sérieux soucis (comme l'hypothermie), il est vital de s'assurer que la température ambiante soit constante et parfaitement adaptée, et c'est notamment ce qui explique le placement en couveuse dès la naissance.

Et les parents ?

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La préparation des parents à la naissance d'un bébé prématuré est un facteur très important. Outre les informations sur les soucis de santé que pourrait rencontrer l'enfant et la manière dont ces problèmes seront pris en charge (couveuse, assistance respiratoire, monitoring, alimentation par sonde...), il est essentiel de les accompagner sur le plan psychologique.

L'éloignement entre le domicile et le service de néonatologie, le fait que le bébé soit confié - parfois durant une très longue période - au personnel soignant, que les parents ne puissent pas s'occuper de lui comme ils le souhaiteraient, l'émergence de sentiments de tristesse, d'angoisse, de colère, d'incompréhension..., les conflits possibles au sein du couple... : tout ceci doit être considéré avec une grande attention.

Le dialogue, l'information et la relation de confiance sont essentiels. Une prise en charge psychologique peut être indiquée. La préparation doit commencer le plus tôt possible, dès les consultations prénatales.


publié le : 07/11/2013 , mis à jour le 08/08/2015
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