Asthme : symptômes, éléments déclencheurs, danger

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Vous toussez sans cesse pendant la nuit, votre respiration siffle, vous avez parfois la sensation de manquer d’air ? N’ignorez pas ces symptômes. Peut-être souffrez-vous d’asthme : une maladie potentiellement grave qui empêche l’air de circuler correctement dans vos voies respiratoires. Qu’est-ce que l’asthme ? Quels sont les éléments déclencheurs d’une crise d’asthme ?

Qu'est-ce que l'asthme ?

L'asthme est une inflammation chronique des voies respiratoires qui rend les bronches facilement irritables et réactives. Dès lors, en présence d’un facteur irritant (allergènes, stress, effort physique), celles-ci réagissent soudainement et parfois violemment. On parle de crise d’asthme. La respiration est entravée par plusieurs mécanismes : 

  1. la muqueuse des bronches gonfle,
  2. les muscles qui entourent les bronches se contractent anormalement, ce qui empêche l’air de circuler (bronchoconstriction)
  3. les cellules des bronches produisent une grande quantité de mucus épais, qui obstrue partiellement ou totalement les voies respiratoires.

Les crises d’asthme peuvent survenir régulièrement ou de manière plus espacée (parfois plusieurs mois s’écoulent entre les poussées). Entre deux crises, la respiration est le plus souvent normale.

Symptômes de l’asthme, la sensation de manquer d’air

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© Getty Images

L’asthme apparaît souvent durant l’enfance mais peut aussi se déclarer à l’âge adulte.

La gravité des symptômes est très variable. La sévérité des crises peut aller d’une simple toux à une détresse respiratoire sévère. Les symptômes peuvent également être présents en permanence ou survenir par épisodes.

Les signes typiques de l’asthme sont :

  • une toux persistante, surtout la nuit ou au réveil, parfois avec la présence de mucus. Ces glaires peuvent être épais et transparents.
  • un essoufflement, la sensation de manquer d’air
  • une respiration sifflante (« wheezing »)
  • une sensation d’oppression dans la poitrine,
  • une fatigue anormale

Dans les cas graves, la réduction du flux d'air empêche l’oxygène d’atteindre correctement le sang. Cela peut provoquer une cyanose (coloration bleuâtre des lèvres et des doigts) et, en l’absence de traitement, mener à une détresse respiratoire.

Voir aussi l'article : Essoufflement : les causes possibles

Facteurs déclencheurs d’une crise d’asthme

La présence d’un ou de plusieurs facteurs cumulés peut déclencher une crise d’asthme ou des symptômes chez une personne asthmatique :

  • la météo : les changements soudains de températures, l’air froid, l’orage (asthme d’orage),
  • la présence d'allergènes dans l’air : les pollens des arbres (aggravés par la météo ou les pics de pollution), les excréments d’acariens, les squames et les poils d’animaux domestiques, les spores de moisissures, des fumées, des poussières, des parfums forts... ,
  • les émotions fortes (le stress, le rire),
  • les infections respiratoires comme la grippe,
  • certains médicaments (anti-inflammatoires ou bêtabloquants y compris ceux présents dans les gouttes pour les yeux), 
  • l’exercice physique : on parle alors d’asthme d’effort.

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Qui est à risque de développer de l’asthme ?

En Belgique, on estime que 9 % des personnes entre 18 et 44 ans souffrent d’asthme. Les causes exactes de l’asthme ne sont pas connues. On sait juste que les personnes asthmatiques ont des voies respiratoires enflammées de manière chronique qui réagissent soudainement en présence d’éléments déclencheurs. 

Des liens entre l’asthme et certains facteurs de risque ont toutefois pu être établis : 

  • la prématurité ou un faible poids de naissance,
  • des antécédents familiaux ou personnels d’allergie, de rhume des foins, d’eczéma ou de dermatite atopique,
  • les changements hormonaux (puberté, menstruation, grossesse, ménopause),
  • les infections respiratoires survenues durant la petite enfance (bronchiolite),
  • le tabagisme durant la vie in utero,
  • la pollution de l’air extérieur (particules fines, pollens),
  • la pollution de l’air intérieur et l’utilisation de produits chimiques : produits ménagers, peinture, colle, vernis, traitements chimiques du mobilier, des textiles, etc.

Les coiffeurs, les peintres, les agents d’entretien, les menuisiers (exposition à la sciure de bois) ou encore les pâtissiers (exposition à la farine) sont autant de métiers à risque.

L’alimentation, la santé du microbiote, la sédentarité pourraient également jouer un rôle mais la recherche explore encore ces pistes.

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Diagnostic de l’asthme

  • Examen physique : le médecin effectue un examen corporel lors duquel il écoute notamment les poumons à l’aide de son stéthoscope
  • Spirométrie : la fonction pulmonaire est analysée à l’aide d’un spiromètre. Le patient doit souffler aussi vite et aussi fort que possible dans l’appareil. Si la mesure diffère de ce que l’on pourrait attendre chez une personne en bonne santé, on répète le test, mais maintenant après inhalation d’un médicament qui dilate les voies respiratoires (bronchodilatateur). Si le résultat s’améliore, cela suggère plutôt de l’asthme. Si par contre le résultat n’est pas meilleur, cela indique plutôt une BPCO.
  • Test allergique : si l’asthme est déclenché par des allergies, un test cutané ou un test sanguin permettra d’identifier les allergènes en cause (pollen, acarien, chat…)

Voir aussi l'article : Allergie au pollen : êtes-vous aussi allergique à certains fruits et légumes ?

Traitement de l’asthme

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L’asthme ne se guérit pas. Le traitement consiste à contrôler les symptômes et à réduire les crises sévères. Le choix du traitement dépend entre autres de la sévérité de l’asthme;

Les bronchodilatateurs : médicament de crise

Si l’asthme apparaît de manière occasionnelle, on peut parfois se contenter de traiter les symptômes au moment où ils se produisent avec des puffs bronchodilatateurs. Ces médicaments agissent en dilatant les bronches pour faciliter le passage de l'air. Ils sont aussi utilisés pour prévenir une crise d'asthme avant une activité physique. Leur action est rapide, généralement entre 10 et 30 minutes. Certains bronchodilatateurs ont une durée d'action courte (4 à 6 heures), tandis que d'autres peuvent agir jusqu'à 12 ou 24 heures.

Les corticostéroïdes : traitement de fond

Ces médicaments à inhaler réduisent l'inflammation des voies respiratoires et permettent à la muqueuse de guérir, diminuant ainsi la fréquence des crises. Il s'agit d'un traitement de fond préventif à prendre tous les jours. Son effet n'est pas immédiat (les améliorations ne sont visibles qu'après plusieurs semaines).

En Belgique, il s’agit des médicaments suivants : la béclometasone, le budénoside et la fluticasone (noms de marque : Beclophar, Qvar, Budenoside Easyhaler, Miflonide, Novolizer Budenoside, Pulmicort, Flixotide).

Combinaison bronchodilatateur et corticostéroïde

Lorsque le corticostéroïde à lui seul ne suffit pas pour réduire la fréquence des crises, il existe des inhalateurs qui combinent les deux types de médicament.

Voir aussi l'article : Traitement de l’asthme chez l’enfant

Bien inhaler son médicament est primordial pour qu'une quantité suffisante du traitement puisse passer de l'inhalateur aux poumons. Suivez les instructions de votre médecin à la lettre.

L’asthme est-il dangereux ?

Oui, l’asthme est une maladie grave. En l'absence de traitement adapté, une crise d'asthme peut conduire à la mort par asphyxie. 

Avec un traitement, la plupart des personnes asthmatiques peuvent mener une vie normale. Il est important de prendre les médicaments correctement et de ne pas ignorer les symptômes lorsqu’ils s'aggravent. 

Garder l'asthme sous contrôle

Certaines mesures de prévention permettent de garder l'asthme sous contrôle : 

  • Arrêtez de fumer : le tabac peut compromettre votre traitement
  • Optez pour une alimentation saine et équilibrée : des études suggèrent qu'une bonne alimentation permet d'améliorer l'asthme
  • Faites du sport : Les asthmatiques ont tendance à craindre le sport. Toutefois, l'activité physique permet de préserver la condition pulmonaire et de diminuer la fréquence des crises. Et cela, même si vous souffrez d'asthme d'effort. Discutez avec votre médecin de l'intérêt d'adapter votre traitement avant une séance de sport. Certains sports sont d'ailleurs plus adaptés que d'autres aux asthmatiques.
  • Identifiez vos déclencheurs et évitez-les : n'adoptez pas un chat si vous êtes allergique, enlevez les tapis si vous êtes allergiques aux acariens, aérez votre maison pour éviter les moisissures. Si vous êtes allergique au pollen de bouleau, n'allez pas faire un jogging en pleine saison. Consultez un allergologue pour mettre en place un traitement adapté et obtenir les conseils adéquats.
  • Faites-vous vacciner contre la grippe qui est un déclencheur possible de crise d'asthme.

Voir aussi l'article : Conseils pratiques en cas d'asthme d'effort

Voir aussi l'article : Asthme d'effort : quels sports pratiquer ?

Sources :
www.astma-en-allergiekoepel.be
https://www.inami.fgov.be
https://www.cbip.be
https://www.inserm.fr
https://www.nhs.uk

auteur : Olivia Regout - journaliste santé

Dernière mise à jour: avril 2025

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