Le reflux gastro-oesophagien ou RGO

Dernière mise à jour: mars 2011 | 161073 visites
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Le reflux gastro-oesophagien ou RGO

dossier Lorsque nous avalons des aliments, ils passent par l’œsophage jusqu’à atteindre l’estomac. Un sphincter se trouve à la fin de l’oesophage qui s’ouvre pour recevoir la nourriture et qui se ferme ensuite hermétiquement. Il s’agit d’une barrière indispensable entre l’œsophage et l’estomac et ce, pour éviter que les sucs gastriques n’entrent en contact avec l’œsophage qui ne supporte pas leur acidité. Néanmoins, de temps à autre, il y a un reflux gastrique. Ce n’est pas grave en soi sauf si ces reflux sont répétitifs. On parlera alors de reflux gastro-oesophagien ou RGO. Un RGO à long terme peut provoquer des irritations et donner naissance à une oesophagite de reflux.
Un adulte sur 10 souffre au moins une fois par semaine d’un problème de régurgitation. C’est également le cas chez les femmes au troisième trimestre de leur grossesse suite à la pression de l’utérus contre l’estomac. Enfin, soulignons que les personnes qui souffrent d’asthme présentent un risque élevé d’avoir des régurgitations.

Symptômes

Deux symptômes sont caractéristiques et toujours présents : 1.ce qu’on appelle communément le « brûlant ». Des régurgitations d’acidité dans la gorge et la bouche
• surtout après un repas copieux,
• en se penchant vers l’avant,
• après un effort,
• en étant couché sur le dos et le plus souvent la nuit mais aussi

2. de la dyspepsie avec une sensation de ballonnement qui peut s’accompagner de vomissements.

D’autres plaintes sont possibles :
• nausées,
• une douleur aiguë derrière le sternum qui irradie jusqu’à la gorge…comme si la poitrine était en feu et, que l’on pourra parfois confondre avec un infarctus.
• on dénombre aussi des problèmes de déglutition,
• une toux chronique,
• une respiration sifflante,
• une voix rauque, du hoquet à répétition,
•un nez bouché et mal aux oreilles.

Les examens

Il convient de prescrire au patient durant environ 4 semaines de l’oméprazole, un inhibiteur de la pompe à protons qui agit au niveau de l’acidité et des régurgitations. Si les symptômes disparaissent, on sera fixé. Sinon, le gastro-entérologue procèdera sous léger calmant décontractant (anesthésie locale) à une endoscopie afin de visualiser l’œsophage et l’estomac, d’établir un diagnostic précis en vérifiant la présence d’érosions, d’ulcérations, de saignements, de perforations etc. Pour ce faire, le praticien introduira un petit tuyau dans l’œsophage muni d’une caméra microscopique. Il pourra procéder à une biopsie si nécessaire. Cette dernière permettra de vérifier la présence éventuelle ou non de l’Helicobacter pylori, d’autres microbes ou tumeurs.

Est-ce grave ?

A la base non… sauf en cas de complications dues à des symptômes récurrents et répétitifs. Il peut s’agir d’une oesophagite de reflux qui peut, entre autres, entraîner une inflammation de la paroi de l’œsophage avec érosion et saignement de l’œsophage.

L’œsophage de Barrett.
En cas d’oesophagite sévère (il existe plusieurs stades ou grades au vu de la sévérité), la muqueuse peut être fortement endommagée à un tel point qu’une sorte de nouvelle paroi se développe. C’est ce qu’on appelle un œsophage de Barrett.

D’autres problèmes de santé
Le RGO peut très souvent occasionner de l’asthme. Environ la moitié des asthmatiques souffriraient de RGO.L’acidité gastrique irriterait les voies respiratoires ce qui donnerait naissance à de l’asthme. On associe aussi souvent le RGO à une apnée du sommeil. Il peut s’agir aussi d’un symptôme cardiaque car il n’est pas certain que le RGO soit à la base de l’apnée ! Mais une chose est certaine, le RGO est plus intense lorsqu’il va de pair avec l’apnée. On constate aussi des maux de gorge, une toux sèche, un manque de salive (sensation de bouche sèche). Enfin, on dénombre aussi souvent des angines de poitrine qui vont de pair avec le RGO. Et au niveau dentaire, on constate une érosion de l’émail due à l’influence de l’acidité gastrique dans la bouche.

Des mesures hygiéno-diététiques
En matière de prévention mais également en complément d’un traitement et pour éviter les récidives, certaines mesures hygiéno-diététiques peuvent être suivies.
Evitez les repas trop gras qui provoquent le pyrosis et le reflux. Ne mangez pas trop épicé, trop tard (respectez au moins 3h entre le repas et le coucher). Evitez certaines épices comme l’ail, les oignons et les clous de girofle. Le chocolat est l’ennemi juré ainsi que les agrumes, les sodas pétillants, les tomates et les plats à base de sauce tomate, le café, la caféine et l’alcool sans oublier les pommes surtout en compote. Evitez les champagnes et mousseux ainsi que le tabac car le RGO est beaucoup plus fréquent chez les fumeurs.
Côté médicaments, évitez les antidouleurs et/ou anti-inflammatoires. Préférez du paracétamol. Certains traitements contre l’asthme et l’allergie peuvent accroître les risques de RGO tout comme les somnifères, les antibiotiques. Le pyrosis se fait particulièrement sentir durant la nuit, il convient dès lors de surélever d’environ 15 cm votre tête de lit à l’aide de petits blocs sous les pieds. Un oreiller supplémentaire n’aura pas le même effet. Au contraire, il pourra encore augmenter le reflux. Evitez de porter des vêtements trop serrés surtout à la taille. Il convient de manger fréquemment de petites quantités donc de fractionner les repas. Evitez la menthe.

Les traitements médicamenteux
Outre les mesures hygiéno-diététiques et sans précédents ou antécédents familiaux, le traitement de première instance sera d’abord l’administration environ 30 min après les repas d’un antiacide (pastilles, poudres, gels). Si cela ne suffit pas et pour les cas de RGO léger à modéré, on passera à un anti-H2 (histamine comme ranitidine, cimetidine) et ce, durant 4 à 6 semaines en continu.
Comme troisième option, on passera à un inhibiteur de la pompe à protons (oméprazole, pantoprazol) dont la posologie des doses sera réduite au fur et à mesure de l’efficacité du traitement. Pour les cas modérés à sévères de RGO (oesophagite sévère, érosion, saignement etc.), on proposera immédiatement un IPP durant 8 semaines. L’évolution sera observée via endoscopie. Une seconde endoscopie sera pratiquée 1 mois après la première.

La chirurgie

Pour les cas sévères où les médicaments n’agissent plus, on passera à une opération par laparoscopie (donc sans ouvrir l’abdomen) pour placer une sorte d’anneau, de cerclage autour de la partie inférieure de l’œsophage.


publié le : 07/01/2011 , mis à jour le 30/03/2011
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