Syndrome post-polio : causes, symptômes, traitement
dossier Une proportion importante des personnes qui ont souffert de poliomyélite pendant leur enfance peuvent présenter de nouveaux symptômes bien des années plus tard (jusqu'à 40 ans après la maladie initiale) : c'est le syndrome post-polio (SPP). Faiblesse musculaire, fatigue, douleurs, perte d'endurance... comment reconnaître le syndrome post-polio ?
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Poliomyélite et guérison

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La poliomyélite, ou paralysie infantile, est causée par le poliovirus. Ce virus pénètre dans l'organisme par la bouche. Il peut être asymptomatique ou entraîner :
- des symptômes légers, semblables à ceux de la grippe, tels que fièvre, nausées et diarrhée,
- une atteinte des méninges et de la moelle épinière, avec des maux de tête, des douleurs cervicales et dorsales,
- des symptômes de paralysie dus à des lésions des cellules nerveuses motrices de la moelle épinière.
Environ 1/3 des personnes paralysées se rétablissent complètement, 1/3 présentent des symptômes résiduels légers et 1/3 souffrent de symptômes résiduels graves. Grâce à la vaccination, la polio a presque été éradiquée dans les pays occidentaux.
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Syndrome post-polio : symptômes
Le syndrome post-polio se manifeste généralement entre 20 et 40 ans après l’infection initiale. Les symptômes se manifestent par :
- une fatigue inhabituelle et rapide. Les activités doivent être interrompues beaucoup plus vite qu’auparavant. Certains patients souffrent de faiblesse générale tandis que d'autres présentent une fatigue musculaire accrue et une faiblesse due à l'effort physique. La fatigue peut affecter les capacités mentales, comme la concentration et la mémoire.
- une perte de force musculaire, parfois aussi dans les muscles qui fonctionnaient normalement auparavant.
- des douleurs dans les muscles et /ou dans les articulations, généralement dans le cou ou dans le bas du dos.
- une perte de masse musculaire (atrophie) : le bracelet doit être plus serré, les vêtements ne sont plus ajustés.
- des crampes, surtout après l'exercice.
- des petits tremblements (fasciculations) dans les muscles, comme s'il y avait des fourmis sous la peau, souvent au repos après un effort.
- de la dyspnée (difficulté à respirer), une essoufflement, surtout la nuit.
- des roubles du sommeil : sommeil agité, rêves nombreux et pesants, maux de tête le matin… Ceci peut indiquer une privation d'oxygène. Un test de la fonction pulmonaire est alors recommandé.
- un risque accru d'infection des voies respiratoires.
- des problèmes d'élocution, de déglutition et de mastication.
- une hyperextension du genou et douleur à l'articulation du genou.
- une hypersensibilité au froid.
Ces symptômes peuvent entraîner de nombreux problèmes fonctionnels et des limitations croissantes dans la vie quotidienne (marcher, monter les escaliers...), avec une perte de mobilité, d’accomplissement de certaines tâches, de conduite automobile et ainsi de suite.
Evolution du syndrome post-polio : 2 types
Il existe 2 types de syndrome post-polio :
- Type I : déclin sans nouvelle paralysie causé par une surcharge musculaire. Cette situation peut être gérée par des mesures appropriées.
- Type II : atrophie musculaire progressive post-polio (AMSP), dans laquelle la faiblesse musculaire est permanente et progressive. Environ 25 % des anciens patients atteints de poliomyélite développent une amyotrophie musculaire progressive post-polio. Le degré de récupération après l'infection initiale semble jouer un rôle : plus la récupération est importante, plus le risque de surcharge des cellules nerveuses est élevé, ce qui peut entraîner ultérieurement une perte de fonction.
Les méthodes d'examen telles que l'électromyogramme (EMG) ou la biopsie musculaire facilitent le diagnostic, mais une détermination correcte peut prendre des années.
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Traitements du syndrome post-polio
Le syndrome post-polio est une maladie progressive, ce qui signifie que les symptômes s’aggravent progressivement. On estime que la force musculaire diminue d’environ 1 à 2 % par an.
Bien qu’il n’existe actuellement aucun traitement curatif, il est possible d’atténuer les symptômes et de ralentir autant que possible leur progression.
1. Surveillance médicale
Un suivi régulier par un spécialiste (tel qu'un neurologue expérimenté dans le SPP) est essentiel. Un médecin spécialiste peut aider à surveiller l'évolution de la maladie et à ajuster le traitement en fonction des besoins individuels.
2. Réduire la fatigue
Dans le SPP, les muscles sont surmenés plus rapidement, même dans les activités quotidiennes. Un bon équilibre entre la charge et le repos est crucial pour prévenir le surmenage et maintenir la capacité fonctionnelle.
Adapter et planifier les activités
- Limiter ou déléguer certaines tâches physiques (par exemple, faire les lits, jardiner, peindre).
- Organiser les tâches différemment, par exemple en plaçant la machine à laver dans un endroit facilement accessible ou en travaillant en position assise.
- Demander de l'aide pour les tâches ménagères.
Répartir l'énergie sur la journée
- Répartir les activités et prévoir des périodes de repos suffisantes.
- Utiliser des aides pour conserver l'énergie (par exemple un déambulateur ou une chaise adaptée).
Exercice modéré, non épuisant
- Des exercices légers sous la direction d'un physiothérapeute peuvent être utiles, mais sans dépasser la limite de fatigue.
- Éviter de prendre du poids, car l'excès de poids entraîne une tension supplémentaire sur les muscles et les articulations.
3. Thérapie par l'exercice
Le manque d'exercice peut encore réduire la force musculaire et la condition physique. La recherche montre qu'un entraînement adapté de musculation et de conditionnement peut être utile, à condition d'adopter la bonne approche.
Entraînement personnalisé
- Les sports légers tels que le cyclisme, la natation et la marche sont recommandés, avec un contrôle de l'intensité et de la durée.
- L'entraînement en force doit être progressif et ne doit pas provoquer de douleur ou de fatigue extrême.
- Les exercices dans l'eau sont idéaux pour les personnes ayant des problèmes de mobilité.
- Les étirements, le yoga ou d'autres techniques favorisant la souplesse peuvent être utiles.
4. Traiter les problèmes de douleur
Éviter la surutilisation est la clé du traitement de la douleur. L'utilisation correcte des muscles et des articulations peut réduire les plaintes.
Optimiser la posture et le mouvement
- Physiothérapie pour enseigner la correction de la posture et du mouvement.
- Utilisation d'aides orthopédiques telles que des appareils orthopédiques, des chaussures spéciales ou une canne.
Soulagement de la douleur
- La thérapie par la chaleur et le froid peut apporter un soulagement (pas de chaleur en cas d'inflammation).
- Les massages peuvent aider, en fonction de la cause de la douleur.
- Les analgésiques (tels que le paracétamol) peuvent être utilisés en consultation avec le médecin, mais les analgésiques puissants ne sont pas recommandés.
5. Réduire les problèmes respiratoires
- En cas de problèmes respiratoires graves, une assistance nocturne à l'aide d'un masque nasal ou buccal peut être envisagée.
- Des exercices respiratoires spécifiques peuvent améliorer la fonction pulmonaire.
- Il est fortement déconseillé de fumer.
6. Prévention des infections respiratoires
Les patients atteints de SPP présentent un risque accru de complications liées aux infections des voies respiratoires.
Vaccinations
- La vaccination annuelle contre la grippe est recommandée.
- Vaccination contre le pneumocoque tous les cinq ans.
Traiter rapidement les infections
Pour les infections des voies respiratoires, les antibiotiques sont souvent prescrits plus rapidement afin de prévenir les complications.
7. Les médicaments
Aucun médicament ne peut guérir le SPP, mais certains peuvent en soulager les symptômes.
Qu'est-ce qui peut aider ?
- En consultation avec un médecin, le paracétamol peut être utilisé pour soulager la douleur.
- Les analgésiques plus puissants ne sont généralement pas recommandés.
Qu'est-ce qui n'est pas recommandé ?
- Les somnifères et les antitussifs peuvent aggraver les symptômes.
- Les stéroïdes anabolisants ne sont pas recommandés pour la force musculaire.
- Les suppléments tels que la coenzyme Q10 et la L-carnitine n'ont pas d'effet prouvé.
ConclusionLe syndrome post-polio (SPP) est une affection complexe qui peut survenir des décennies après la polio. Un dépistage précoce et un plan de traitement approprié peuvent contribuer à améliorer la qualité de vie des patients. Toute personne soupçonnée d'être atteinte de SPP devrait consulter un spécialiste. |
Sources :
https://postpolio.be
https://www.mayoclinic.org