Les douleurs neuropathiques

Dernière mise à jour: mars 2011 | 504453 visites

dossier La douleur neuropathique est une forme de douleur chronique dont l’origine reste encore inconnue. L’International Association for the Study of Pain (IASP) qui définit la douleur neuropathique comme une douleur causée par un endommagement primaire ou à un dysfonctionnement du système nerveux central ou périphérique. Il s’agit généralement d’un dysfonctionnement des nerfs, une sorte de trouble dans l’acheminement des signaux qui génèrent des stimuli spontanés. Un stimulus qui est généralement considéré comme léger sera ressenti avec énormément de sévérité.
Des nodules nerveux peuvent voir le jour à l’endroit d’une cicatrice ce qui donne naissance à un dérèglement du système nerveux sympathique (involontaire). Les douleurs neuropathiques sont fréquentes puisqu’elles affectent environ 1 à 2 % de la population et même plus particulièrement certaines tranches d’âges comme 8% des personnes de plus de 55 ans.

Symptomatologie

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La douleur neuropathique peut varier en intensité mais reste continue. Elle diminuera souvent lors du repos. On dénombre également des troubles de l’humeur, du sommeil et donc de la fatigue. On observe des phénomènes qui sont particulièrement caractéristiques de douleurs nerveuses comme par exemple une sensation de brûlure, des douleurs assimilées à des piqûres, des fourmillements ( douleurs plus lancinantes), l’image qui revient souvent est celle d’une aiguille qui pique la peau, de chocs électriques, de coups de couteau mais également d’un engourdissement autour de la zone douloureuse des extrémités qui « dorment » ou qui sont hypersensibles.
Ou encore une douleur qui suit un stimulus qui n’est habituellement pas douloureux : hyperalgésie. La sensation de courir sur des coussins, une sensation douloureuse en contact avec le froid ou le chaud. Avoir l’impression que des fourmis courent sous la peau ce qui provoque des picotements particulièrement désagréables.

Questionnaire DN4 pour le diagnostic de la douleur neuropathique

Question 1 : la douleur revêt-elle l’une ou plusieurs des caractéristiques suivantes ?
1. une sensation de brûlure,
2.une sensation de froid douloureux,
3.un choc électrique,

Question 2 : la douleur localisée dans la même région est-elle associée avec l’un ou plusieurs des symptômes suivants ?
4. chatouillements,
5. picotements,
6. perte de sensation-insensibilité,
7. démangeaisons,
Un score de 3 sur 7 est révélateur d’une douleur neuropathique.

DN4 : recherche/étude clinique

Question 3 : la douleur est-elle localisée dans une zone particulière sur laquelle la recherche porte ?
8. hypoesthésie au toucher,
9. hypoesthésie lors d’une piqûre,

Question 4 : la douleur est-elle causée ou aggravée par :
10.le frottement ?
Un score de 4 sur 10 aux questionnaires accroît davantage la sensibilité au test.

Des tests diagnostiques

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L’étude la plus simple afin d’établir un diagnostic de douleurs neuropathiques est l‘apparition d’hyperalgésie et d’allodynie. L’allodynie est une expérience douloureuse en cas de stimulus non-douloureux. Il suffit par exemple de frotter la peau avec une petite brosse ou un coton-tige. Si ce frottement est considéré comme douloureux, on parlera d’allodynie qui est très caractéristique de douleurs neuropathiques. L’hyperalgésie, quant à elle, signifie que la personne ressent une réaction douloureuse surdimensionnée suite à un stimulus relativement léger. On teste cela avec une aiguille par exemple. Il peut également être très utile de recourir à une étude sensorielle avec de l’éther ou encore de l’acétone afin de mesurer la sensation de froid ressentie. On procèdera de même pour ressentir le chaud en promenant une éprouvette remplie d’eau chaude à la surface de la peau. Des réactions anormales seront notées.

Causes

Comme déjà évoqué, les causes restent inconnues néanmoins diverses théories suggèrent une erreur dans les récepteurs et transmetteurs de la douleur ou alors une détérioration de divers segments du système nerveux qui sont responsables pour la transmission de la douleur.
On peut néanmoins souligner parmi les causes favorisant les douleurs neuropathiques,
• un zona ou infection post-herpétique,
• un abus d’alcool prolongé, le contact de substances toxiques,
• la sclérose en plaques,
• de la chimiothérapie,
• le diabète avec une neuropathie diabétique,
• une intervention chirurgicale ou un accident comme par exemple une opération des ganglions situés sous les aisselles, des opérations mammaires ou encore dans le cou ou l’aine.
• Egalement après une intervention chirurgicale au niveau cardiaque, pulmonaire et lombaire…sans oublier la douleur fantomatique après une amputation.
• Une forme particulière de la douleur neuropathique est le syndrome complexe régional de la douleur de type 1 (dystrophie post-traumatique ou encore le syndrome de Sudeck). Un membre est souvent touché. La douleur se manifeste généralement après un accident ou une opération, on observera des changements de couleur et de température, des gonflements et des modifications au niveau de l’alimentation. Tout ceci s’accompagne souvent d’une sudation excessive au niveau des bras et des jambes. On dénombre aussi une sensation de pincement au niveau de la main (syndrome du tunnel carpien).

Traitements

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Très difficile à traiter. Un traitement multidisciplinaire est généralement préconisé dans un centre de la douleur. Le médecin essayera de prescrire des médicaments qui n’ont pas trop d’effets secondaires. On propose aussi des solutions non-médicamenteuses comme de la neurochirurgie, des stimulations cérébrales et de la moelle épinière, des stimulations nerveuses transcutanées (TENS), et des psychothérapies.

Les analgésiques
Des douleurs neuropathiques ne sont pas soulagées par des antalgiques ni par des anti-inflammatoires …en les associant, on peut parfois obtenir quelques résultats. L’échelle de la douleur établie par l’OMS et que les médecins prennent comme référence n’a ici que peu de sens. Des études ont démontré un effet de certains analgésiques narcotiques comme le fentanyl et le tramadol, notamment en ce qui concerne des douleurs cancéreuses ou non cancéreuses. Cela ne fonctionne pas immédiatement. Il faut que le patient laisse le temps faire son œuvre. Effet progressif.

Les antiépileptiques
Carbamazépine et phénytoïne donnent de bons résultats en cas de neuropathie diabétique. Parmi les antiépileptiques de nouvelle génération, la gabapentine (Neurotin®) et la pregabaline (Lyrica®) sont efficaces en cas de douleurs post-herpétique et de neuropathie diabétique. Ces derniers antiépileptiques donnent rapidement des résultats et ils présentent peu d’effets secondaires. La prégabaline améliore le sommeil ce qui contribue aussi au bien-être général des patients.

Les antidépresseurs
Les antidépresseurs dits d’ancienne génération dont les tricycliques à faible dose constituent toujours le premier choix médical en cas de douleurs neuropathiques et ils sont remboursés sous certaines conditions même si la posologie ne mentionne pas leur indication ou le remboursement dans ce cas-là. Les patients seront particulièrement bien suivis les premiers mois du traitement afin d’adapter les doses.

Des traitements non-médicamenteux

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Stimulation nerveuse électrique transcutanée où on appose des électrodes sur la peau afin de stimuler les terminaisons nerveuses. Le patient pourra utiliser cet appareil à domicile et en régler l’intensité. Une récente technique est l’électro-acupunture ou stimulation nerveuse électrique percutanée à comparer avec le TENS mais ici les terminaisons nerveuses sont stimulées par des aiguilles placées sous la peau.

Des infiltrations épidurales
Cela concerne certains types de douleurs neuropathiques avec une technique d’infiltration surtout dans les cas de problèmes aigus suite à une infection autour des terminaisons nerveuses dans l’espace épidural. En cas de problèmes chroniques, les infiltrations n’ont que peu d’effets.

La neurostimulation
Avec par exemple la stimulation de la moelle épinière, du cortex. Thérapies invasives qui seront envisagées lorsque les autres thérapies n’auront pas été efficaces. Il s’agit d’implanter un système de stimulation neurologique. Et ce, sous contrôle médical rigoureux et de pair avec un stimulateur intérieur et de préférence à domicile.

Technique de désensibilisation
Elle consiste chez certains patients à stimuler une zone douloureuse à plusieurs reprises de sorte qu’elle devienne insensible à la longue. Très douloureux en début de traitement.

La douleur et la médecine non-traditionnelle

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De nombreuses personnes et davantage de femmes ont également chez nous recours à de la phytothérapie, de l’homéopathie, de l’acupuncture ou encore à un ostéopathe pour venir à bout de douleurs. Plus d’un tiers des personnes considèrent ce type de traitement comme un remplacement efficace à la médecine allopathique…Et ce ne serait qu’un début car cette tendance semble remporter un franc succès auprès des patients.
Enfin, nous ne saurions - afin que vous soyez entre de bonnes mains – que trop vous conseiller de vous renseigner auprès des syndicats professionnels et associations ou encore des fabricants de produits afin de ne pas rencontrer de mauvaises surprises ou encore d’en aviser votre médecin traitant. En effet, il ne faut pas oublier l’importance de la pose du diagnostic mais surtout le suivi au cas par cas.
Evitez l’automédication et le shopping médical même si les douleurs sont très aiguës. Prenez également contact avec des associations de patients qui pourront vous écouter, vous aiguiller et vous aider. Il existe également une Belgian Pain Society, une société scientifique de la douleur qui œuvre pour améliorer la qualité de vie des patients et diminuer les manifestations cliniques de ces douleurs.

www.belgianpainsociety.be
www.sophroconseillers.org


publié le : 07/01/2011 , mis à jour le 21/03/2011
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