Les troubles de l’attention avec hyperactivité

Dernière mise à jour: juillet 2011 | 8609 visites

dossier On parle ces dernières années de plus en plus de l’ADHD ou Attention Deficit/Hyperactivity Disorder. Pendant de nombreuses années, on a parlé d’enfants hyperkinétiques mais cette terminologie est désormais abandonnée.

Les troubles de l’attention avec hyperactivité toucheraient selon les estimations environ 1 enfant sur 20. Cela signifie qu’un enfant par classe souffrirait de ce trouble. C’est d’ailleurs le diagnostic qui est le plus souvent posé par un psychiatre infantile. Ce type de troubles occupe 25 à 30% de ses consultations. Cela touche plus fréquemment les garçons que les filles.
On affirme que ce type de troubles serait moins visible chez les filles que chez les garçons ce qui tendrait à faire croire qu’elles sont moins nombreuses à en souffrir. De nombreux adultes ne se sont pas débarrassés de ce trouble en grandissant et en pâtissent encore même lorsqu’ils sont déjà parents. On peut apprendre à apprivoiser ce trouble et à vivre avec ce dérèglement. Néanmoins, 1% des adultes sont encore tellement touchés qu’ils fuient le travail, les études et même les relations personnelles. Dans certains cas extrêmes, on parlera d’un comportement criminel ou esclavagiste !

Que sont les troubles de l’attention avec hyperactivité ?

meisje-groen.jpg
Il s’agit d’un trouble comportemental caractérisé par un manque de concentration, une impulsivité accrue (puisque les patients agissent sans mesurer les conséquences) et une hyperactivité. Il peut s’agir de comportements normaux pris isolément ou de concert mais chez les personnes hyperactives, ils sont fortement développés et seront réellement handicapants dans la vie de tous les jours.

Il existe trois types d’ADHD

>B>Type 1 : il concerne les problèmes de concentration, d’attention sans hyperactivité ni impulsivité. C’est n’est pas facilement identifiable chez l’enfant. Les enfants apparaissent comme apathiques, rêveurs et ils éprouveront énormément de difficultés à commencer un travail, à se mettre en action. Ils oublient vite et éprouvent des problèmes pour se concentrer et à s’organiser. A l’école ou en matière de sport, ils prestent en dessous de leur niveau ce qui donne lieu à d’importants problèmes au niveau des études et un impact négatif au niveau de la confiance en soi ou du développement intellectuel.

Type 2 : ceci concerne l’impulsivité et l’hyperactivité sans problèmes de concentration. On connaît encore très peu de choses sur ce sous-type surtout chez les enfants de moins de 7 ans et cela pourrait être un signe avant-coureur du type 3.

Type 3 : une combinaison des problèmes de concentration, d’impulsivité et d’hyperactivité…c’est purement l’ADHD.

Les caractéristiques de l’ADHD

Distraction, tension nerveuse, comportement impulsif sont des phénomènes qui touchent les enfants souvent lorsqu’ils sont à bout, fatigués, lors d’une fête ou d’événements un peu stressants. Mais tous les enfants stressés ne souffrent pas d’ADHD. Les enfants atteints de troubles de l’attention ou de la concentration éprouvent souvent des difficultés avec des travaux de précision qui requièrent minutie et attention,… Ils perdent leurs affaires, décrochent en cours de conversation, ils sont souvent confrontés à la réflexion : ‘tu peux le faire mais tu ne veux pas le faire… !’

Les enfants atteints d’ADHD sont très souvent impulsifs, ils répondent avant d’avoir fini de lire ou d’entendre la question, ils tombent de leur chaise, ils lient facilement connaissance, se disputent souvent, sont très dépensiers, agissent sans réfléchir…Ils fonctionnent comme si une force intérieure les poussait à agir, les animait sans qu’ils puissent la contrôler. Ils ne parviennent pas à s’organiser, à se modérer, à se contrôler.
Beaucoup d’entre eux souffrent également d’hyperactivité surtout quand ils sont très jeunes. Ils sont constamment en mouvement, ne savent pas rester assis dans un fauteuil, sur une chaise. Ils sont vite frustrés, déçus. Tout les lasse très vite et ils sont intérieurement très inquiets. Ils ont également un sommeil très agité. En vieillissant leur hyperactivité sera moins visible et se limitera à bouger les pieds, à tourner en rond, à faire les cent pas etc… Le problème c’est que ces enfants ne sont pas systématiquement stressés.
Il y a des moments où ils parviennent à se concentrer par exemple lors d’un film à suspense, sur des jeux sur ordinateur, des consoles ou d’autres activités qui les intéressent. La concentration requiert de leur part nettement plus d’énergie que pour d’autres enfants.
Enfin, la plupart des enfants ne parviennent pas à se profiler dans le temps. Ils n’ont pas de notion du temps. Ce qui fait qu’ils arrivent souvent en retard, qu’ils estiment mal le temps dont ils vont avoir besoin pour effectuer une tâche etc. Bref, l’organisation n’est pas leur fort !

L’ADHD s’accompagne ou va souvent de pair avec d’autres psychopathologies et augmente le risque d’échecs, de délits, de criminalité. C’est pourquoi, on parle d’un syndrome psychiatrique et qu’un traitement est indispensable. Ces enfants éprouvent aussi des problèmes au cours de leurs études. Ils ont peur de l’échec, ils ne se concentrent pas sur leurs devoirs, sont brouillons, peu habiles, ont des problèmes moteurs et de psychomotricité. Environ la moitié des enfants avec un ADHD présenteront un comportement agressif, distant voire des excès de révolte avec chez près d’un quart d’entre eux des plaintes d’ordre dépressif, des crises d’angoisse et des problèmes d’apprentissage scolaire avec un retard intellectuel bien qu’ils soient tout aussi intelligents que les autres enfants… si pas davantage dans certains cas !

Aux Etats-Unis, environ 20% des enfants atteints d’ADHD ont un jour été impliqués dans un incendie dans leur environnement personnel et plus de 30% d’entre eux étaient personnellement impliqués dans cet incendie ou dans un vol. Plus de 40% fument et boivent de l’alcool et à l’âge adulte, ils sont souvent impliqués dans des vols d’auto, des accidents de voiture et d’autres délits criminels ou des infractions plus ou moins graves !

On peut, à côté, de tous ces troubles associés, ajouter des troubles du langage, des tics, de l’autisme dans 10 à 20% des cas et des troubles de la personnalité une fois arrivé à l’âge adulte.

Les causes de l’ADHD

kind-adhd-gr-170_400_05.jpg
On parla jadis de ‘Minimal Brain Damage’ (MBD) ce qui sous-entendait qu’il y avait un endommagement cérébral survenu au niveau du fœtus lors de la grossesse ou à la naissance et qui justifierait l’apparition de tels troubles mais des recherches n’ont rien donné dans ce sens. On n’a relevé aucun incident lors de la grossesse ou de la délivrance. Néanmoins, des enfants prématurés sont nettement plus touchés. Donc, la prématurité serait une indication incontestable. Il en va de même pour les enfants qui dès la naissance ont été confrontés avec le tabagisme ou pour le fœtus des mamans qui durant la grossesse ont abusé de tabac et d’alcool.

Récemment, des scientifiques sont arrivés à la conclusion que ces troubles du comportement seraient provoqués par un déséquilibre lors de la production de certains transmetteurs dans le cerveau comme la catécolamine. Ces neurotransmetteurs sont indispensables dont le bon fonctionnement du cerveau.
Des facteurs héréditaires joueraient un rôle dominant dans l’ADHD. Environ 80% des enfants atteints d’ADHD ou des variations qui y sont propres présenteraient des facteurs héréditaires prédisposant. Le risque qu’un frère ou une sœur d’un enfant ADHD le soit aussi est augmenté par 3 ou 5 dans les familles touchées. Au second degré, le risque est deux fois moins élevé.

L’ADHD n’est absolument pas une cause d’échec d’éducation. Les parents ne sont pas mis en cause au niveau de l’éducation donnée mais il s’agit d’une course effrénée contre l’insécurité, l’incertitude tant à la maison qu’à l’école et qui peuvent aggraver les symptômes.

L’ADHD n’est pas causé par certains aliments comme par exemple trop de sucre, des conservateurs, des additifs, des colorants, un manque de vitamines ou suite à des intolérances, des réactions allergiques. La tv, les consoles de jeux ne sont pas mises en cause.

Comment le diagnostic est-il posé ?

La première étape est de prendre rendez-vous avec le pédiatre ou le médecin généraliste. Il sera le mieux placé pour établir un diagnostic en prenant soin d’éliminer certaines pathologies ou des troubles particuliers. En effet, l’ADHD peut s’accompagner de plaintes supplémentaires ou de problèmes annexes comme par exemple la dyslexie. Pour poser un diagnostic fiable, le praticien rassemblera un maximum d’informations et de données tant auprès des parents que du petit patient. Il prendra éventuellement contact avec l’école, le médecin scolaire, l’infirmière scolaire, la logopède etc…
Si ce trouble a un impact sur le développement normal de l’enfant, sur sa croissance, son poids, sa santé …le praticien prendra un peu de temps pour observer.
Le médecin demandera des informations, des observations à une équipe multidisciplinaire : psychologue, pédiatre, psychiatre etc. On ne peut pas poser un diagnostic précis sur base de scanner, de radio ou encore d’analyses sanguines donc c’est avant tout le comportement de l’enfant qui compte.
Une observation minutieuse s’impose. On compare les données récoltées avec les caractéristiques de l’ADHD qui ont été identifiées et recensées par des psychiatres infantiles des quatre coins du monde. C’est ce qu’on appelé le diagnostic DSM-IV (Diagnostic Statistical Manual of Mental disorders - édition revue et adaptée – d’où le IV).

On peut résumer ceci par le fait que les symptômes ont été repartis en 2 domaines : troubles de l’attention et hyperactivité-impulsivité. Et 9 symptômes.

Si 6 symptômes sur 9 par domaine sont présents, le risque que l’enfant souffre d’ADHD sera grand. Les symptômes devront être présents durant au moins 6 mois.

D’autres troubles recensés

Une faible concentration, un grand stress et de l’impulsivité sont des symptômes qui sont présents dans d’autres troubles psychiatriques. Il convient donc de bien les distinguer au sein de l’ADHD lors du diagnostic et de ne pas passer à côté d’une autre forme d’un trouble comportemental.
Dès l’âge de 7 ans, les garçons présenteront souvent des troubles de l’anxiété et de la dépression qui se manifesteront par des excès d’agressivité avec des enfants qui perdent le fil de leurs idées, qui dorment mal, peu et qui deviennent très fantaisistes. Il ne faut pas surtout en bas âge confondre l’ADHD avec une forme d’autisme dans lequel on observe aussi des mouvements incontrôlés, des troubles du développent social et communicationnel.

Traitements

2% des enfants entre 5 et 14 ans sont tellement affectés qu’ils sont mis sous traitement. Chez 33% d’entre eux, les symptômes persisteront jusqu’à l’âge adulte. Il n’existe pas encore de médicament miracle ou de thérapie qui guérit l’ADHD mais certains médicaments peuvent atténuer les symptômes et les effets de ce trouble.
D’après de récentes recherches, une thérapie médicamenteuse est la solution à adopter de concert avec une thérapie comportementale assez stricte. Cela sous-entend un suivi médical rigoureux et une attention parentale de tous les instants. Si la thérapie comportementale n’a pas, après 6 mois de thérapie, donné de résultats efficaces, il faudra la compléter avec des médicaments. On évitera néanmoins de prescrire des médicaments aux enfants de moins de 5 ans. Les thérapies comportementales sont ici plus que jamais préconisées.

Les médicaments

kind-adhd-pil-170_400_05.jpg
Les médicaments ne seront généralement prescrits par le pédiatre ou le médecin généraliste que si le diagnostic a été confirmé et établi par des experts en la matière. Les médicaments ne pourront être prescrits et administrés qu’en combinaison avec une thérapie comportementale, avec des avis éducationnels et en accord avec l’école et les parents.

Les moyens stimulants
On prescrit souvent des psychostimulants malgré les effets secondaires possibles. Il s’agit de substances à base d’amphétamine qui peuvent générer une certaine dépendance/accoutumance mais le risque chez les enfants ADHD traités ne semble pas augmenter. Il peut paraître curieux de prescrire des psychostimulants à un enfant qui est hyperactif en soi ! Ces médicaments sont une sorte de neurotransmetteurs comme la dopamine et la noradrénaline et sont disponibles en plus grande quantité ce qui fait que certaines activités cérébrales comme par exemple le rangement, l’organisation et la sélection de stimuli qui viennent de l’extérieur seront nettement mieux acceptés.
Les effets se font très rapidement ressentir surtout après 1,5h après la prise du comprimé mais ils disparaissent environ 3 à 4 heures après la prise d’une dose. C’est la raison pour laquelle le traitement se compose généralement de 3 prises quotidiennes de méthylphénidate. Dès l’arrêt du traitement, les symptômes et troubles réapparaîtront très vite. On constatera chez 70 à 80% des patients une amélioration notable.
Par contre, les aptitudes scolaires ne changent en rien. De plus, parmi les effets secondaires du traitement, on observe de la somnolence, une diminution de l’appétit, des malaises, des maux de tête (mais ils diminueront progressivement en intensité au cours du traitement).

Parmi les autres effets secondaires, on peut observer une aggravation des tics, une augmentation de la sensibilité émotionnelle et de la tension émotionnelle avec davantage d’agressivité, d’irritabilité…dans ce cas-là, on optera pour des dosages plus faibles.

Les autres médicaments
On prescrira aussi parfois des antidépresseurs (des tricycliques) quand les psychostimulants n’ont pas eu d’effets ou alors aussi des Inhibiteurs Sélectifs de la Recapture de la Sérotonine (ISRS). Egalement de la clonidine, une substance utilisée en cas d’hypertension mais qui peut entraîner une prise de poids considérable.

Les thérapies comportementales

Il s’agit d’une thérapie qui consiste à contrôler les facteurs qui se manifestent typiquement lors des troubles et de récompenser les comportements lorsque les enfants le méritent et de les punir quand ils ne conviennent pas… bref, c’est une thérapie ‘step by step’. Le professeur, les parents, la famille seront impliqués aux côtés du thérapeute.
La méthode de monothérapie qui sous-entend ‘stoppe-pense-agis’ qui vise à ce que l’enfant analyse lui-même ce qu’il fait de bien ou pas n’est pas efficace. L’un des points négatifs d’une thérapie comportementale c’est qu’elle se positionne sur le long terme et qu’il faudra veiller à ce que l’enfant ne devienne pas dépendant des personnes qui l’entourent et qui participent à cette thérapie comportementale.

Quelques caractéristiques et conseils de vie

Les enfants atteints d’ADHD sont perpétuellement en recherche de quelque chose d’innovant, de gai qui pourrait capter leur intérêt. Ils n’aiment pas la routine, l’ennui les guette très vite.
Il ne faut pas mettre – du moins au début – la barre très haut sur les résultats scolaires. Soyez contents quand ils étudient, travaillent mais n’exigez pas qu’ils deviennent les premiers de classe. Parfois sans pression et si la matière les intéresse, ils pourront vous surprendre. Les relations sociales qui sont bien vécues seront essentielles.
A l’école aussi, de bonnes relations avec les profs, les autres élèves feront des merveilles. Ces enfants apprécient quelqu’un qui leur prédit ce qui va se passer, les questions qui seront posées, comment tout va se dérouler, ils seront ainsi rassurés et ils envisageront des solutions au cas où ils rencontreraient un problème.
Bref, il s‘agit de les rassurer et d’anticiper pour eux. Ils aiment ce qui est organisé, planifié même si cela paraît antinomique. Dites à votre enfant ce que vous aimeriez qu’il fasse et pas ce que vous ne souhaitez pas. Il ne faut pas le brusquer, restez positif sans pour autant constamment abonder dans sons sens.
Les instructions doivent être claires, précises et concises. Si les tâches à exécuter sont complexes, divisez-les en petits « to do ». Cela fonctionne très bien au niveau des devoirs scolaires.

Il s’agit de récompenser l’enfant dès qu’il a fait quelque chose de bien. Cela lui fera plaisir car en général ces enfants seront réprimandés à longueur de journée pour tout ce qu’ils ne font pas correctement. Insistez auprès du professeur pour qu’en classe, l’enfant soit assis à l’avant à une place où il ne sera pas soumis aux distractions (par exemple pas à l’arrière, pas à côté de la porte ou de la fenêtre). On a souvent préconisé un régime alimentaire spécifique sans sucreries, sucres, lait mais ces mesures n’ont scientifiquement aucune preuve. Aucun supplément en vitamines ou minéraux n’a un réel effet. Les médicaments contre le mal des transports ni de mauvais mouvements oculaires ou encore la présence de champignons spécifiques comme les Candida albicans ne sont à incriminer.

N’hésitez pas à contacter le pédiatre et le médecin généraliste dès que vous constatez les moindres troubles du comportement !


publié le : 06/01/2011 , mis à jour le 08/07/2011
pub

Restez informés !

Inscrivez-vous à notre newsletter:

Non, merci