La maladie du renard : Maladie parasitaire grave présente en Wallonie

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Vous aimez cueillir des myrtilles lors de vos promenades en forêt ? La vigilance s’impose au regard de l’augmentation des cas d’échinococcose alvéolaire diagnostiqués ces dernières années en Wallonie. Plus connue sous le nom de « maladie du renard », cette affection parasitaire se transmet du renard à l’homme par voie féco-orale : la contamination a lieu en cas d’ingestion de fruits, de baies ou encore de champignons souillés par les excréments de l’animal infecté.

Rare, difficile à diagnostiquer à un stade précoce, l’échinococcose alvéolaire est mortelle sans la mise en place d’un traitement approprié.

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Qu’est-ce que la maladie du renard ?

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© Getty Images - Dans le sud-est de la Wallonie, jusqu'à 60 % des renards sont infectés.

L'échinococcose alvéolaire est causée par un ténia (ver parasite), l’Echinococcus multilocularis. En Wallonie, 30 à 60 % des renards sont porteurs de ce parasite. La prévalence varie selon la région. Les renards de la Région flamande ne sont, quant à eux, quasi pas infectés (moins de 1 %).

Le cycle de vie de l'E. multilocularis implique deux hôtes principaux : les renards roux et les rongeurs. Les renards sont les hôtes définitifs du parasite, tandis que les rongeurs (souris, campagnols) en sont les hôtes intermédiaires. Le renard infesté dissémine les œufs du parasite via ses déjections. Les œufs sont très résistants et peuvent persister jusqu’à 8 mois dans la nature. Les rongeurs ingèrent ces œufs en se nourrissant des matières fécales du renard contaminé. Une fois à l'intérieur du rongeur, les œufs éclosent et libèrent des larves qui pénètrent la paroi intestinale et gagnent le foie de l'animal. Les renards se contaminent en se nourrissant des rongeurs infectés.

L'homme peut devenir un hôte intermédiaire « accidentel » de ce parasite. Tout comme chez les rongeurs, les larves se propagent principalement vers le foie de l’homme, mais elles peuvent également atteindre d'autres organes tels que les poumons et le cerveau. Au fil du temps, la maladie provoque des lésions hépatiques qui prolifèrent de la même manière qu’une tumeur maligne.

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Quels risques de contamination pour l’homme ?

L’homme contracte la maladie du renard par voie féco-orale. Autrement dit, la contamination a lieu lorsqu’il ingère des excréments de renard contaminés par les œufs d’E. multilocularis

  • Par contact indirect, en mangeant cru : des fruits des bois (mûres, myrtilles, framboises…), des champignons, des légumes du potager souillés par des matières fécales de renards contaminés.
  • Par contact direct, en touchant un renard ou un chien errant.

L’augmentation constante de la population de renards roux en milieu urbain et périurbain invite à la vigilance dans les jardins et les potagers. 

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Quels sont les symptômes de la maladie du renard ?

La maladie du renard progresse lentement et silencieusement. Elle met parfois entre 5 et 15 ans avant d’être symptomatique. Elle touche davantage les personnes immunodéprimées chez qui elle progresse plus vite. 

L’échinococcose alvéolaire affecte d’abord le foie provoquant des lésions hépatiques (kystes) semblables à des tumeurs. Des lésions peuvent ensuite apparaître sur d’autres organes : rate, poumons, cerveau…

Les symptômes peuvent varier en fonction de la taille et de l'emplacement des kystes : 

  • fatigue et perte de poids 
  • malaise général, parfois accompagné de fièvre.
  • douleurs dans le haut de l’abdomen, du côté droit
  • jaunisse

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Comment savoir si vous êtes contaminés ?

Le diagnostic de la maladie du renard est souvent difficile à poser. La pathologie est rare et asymptomatique dans les premiers stades de la contamination. D’ailleurs, l'échinococcose alvéolaire est souvent détectée de manière fortuite lors d’examens d’imageries effectuées pour une autre raison médicale. 

Le diagnostic repose sur les examens suivants :

  • des tests sanguins spécifiques : ils permettent de détecter les anticorps dirigés contre le parasite et de dépister la maladie de manière précoce. 
  • une échographie du foie pour détecter la présence de lésion
  • le CT scanner et l’IRM permettent d’étudier les lésions de manière plus précise et de déceler l’éventuelle présence de métastases. 
  • un test PCR : le laboratoire de Microbiologie du CHU de Liège a développé un test PCR Echinococcus à effectuer sur des tissus prélevés afin de confirmer le diagnostic 

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Quel est le traitement de la maladie du renard ?

Une prise en charge précoce est primordiale pour traiter les lésions efficacement. Une maladie du renard non traitée ou mal prise en charge présente des taux de mortalité élevés. 

Le traitement dépendra de la taille et de l’étendue des lésions : 

  1. Chez les patients opérables, le traitement de l'échinococcose alvéolaire repose sur la chirurgie afin de retirer l’intégralité des lésions. Un traitement antiparasitaire (albendazole) administré durant 2 ans permet parallèlement d'éliminer les larves restantes. 
  2. Lorsque les lésions sont trop importantes ou inopérables, les patients suivent le traitement antiparasitaire à vie. Dans ces cas, les taux de survie sont de 53 à 80 % à quinze ans.
  3. Une greffe hépatique peut être envisagée en dernier recours.

Quel que soit le traitement mis en place, un suivi médical sera nécessaire afin de détecter d’éventuelles récidives. 

Quelles mesures de prévention ?

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La meilleure façon de lutter contre la maladie du renard est d’agir préventivement. Soyez davantage attentif si vous habitez ou vous vous promenez dans le sud-est de la Wallonie : Ardennes, Fagne-Famenne, Lorraine belge.

  • Dans les zones susceptibles d’abriter des renards (forêts, lisières, prairies), ne mangez pas crus les fruits cueillis ou ramassés à moins de 50 cm du sol : myrtilles, mûres, framboises, champignons…
  • Clôturez votre potager : les renards s’aventurent de plus en plus en zones périurbaines. 
  • Évitez les contacts avec les renards et avec les chiens errants, ne les caressez pas.
  • Vermifugez régulièrement vos animaux de compagnies. 

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Les œufs de l’Echinococcus multilocularis sont très résistants au froid. Laver ou congeler (-18°C) vos fruits et légumes ne suffit pas à les éradiquer. Seule la cuisson à 70 °C durant au moins 5 minutes permet de les neutraliser. 

Sources
http://biodiversite.wallonie.be
https://orbi.uliege.be
http://echinococcose.be
https://www.chuliege.be



Dernière mise à jour: octobre 2023

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