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Le cancer du sein chez l'homme
dossier Beaucoup ignorent que le cancer du sein (carcinome mammaire) peut aussi toucher les hommes, mais dans des proportions infiniment moindres que chez les femmes. Quels sont les symptômes, les facteurs de risque et les traitements ?
Le cancer du sein chez l’homme est une maladie rare. Moins de 1% de tous les cancers du sein affectent les hommes, et le rapport est de 100 à 150 femmes pour 1 homme atteint. L’âge moyen du diagnostic chez l’homme est de 63 ans, soit 10 ans de plus que chez la femme. Le carcinome mammaire chez l'home jeune est exceptionnel.
En raison de la méconnaissance de la maladie, les hommes ont tendance à négliger les éventuels signes de cancer du sein et à reporter une consultation chez le médecin. Ceci s’explique aussi par le fait qu’il est psychologiquement très difficile pour un homme de s'imaginer souffrant d'une maladie « non masculine » comme le cancer du sein.
D'un point de vue morphologique, la poitrine d’un homme adulte est comparable à celle d’une jeune fille avant l’adolescence. Le développement de la poitrine chez la femme débute à la puberté sous l'action des hormones. Ceci est vrai aussi chez les garçons, puisqu'on estime que 40% d'entre eux vont présenter une augmentation du volume de leurs seins aux abords de la puberté. Cette forme de gynécomastie de l'adolescence disparaît en général après deux ans.
Chez l'hommes adulte, la croissance du tissu mammaire peut être stimulée par certains médicaments et par certaines maladies. On pense notamment à un traitement aux oestrogènes (prescrit lors d'un cancer de la prostate), à des médicaments pour lutter contre la maladie cardiaque, l’hypertension ou la migraine, ainsi qu'à certains types de cancer (testicules, glandes surrénales), à la cirrhose du foie, à l'insuffisance rénale, ou au syndrome de Klinefelter (une maladie génétique). L'accumulation de graisse est évidemment aussi une cause d'augmentation du volume des seins.
Ceci étant, dans l'écrasante majorité des cas, augmentation de volume de la poitrine chez l'homme ne signifie pas augmentation du risque de cancer du sein.
Les facteurs de risque
• Les antécédents familiaux
Les hommes dont un parent proche, tant homme que femme, a eu un cancer du sein risquent davantage d’être atteints de cette maladie. Le risque augmente en fonction du nombre de parents proches concernés par ce cancer.
• La prédisposition génétique
Environ 15% des cancers du sein chez l’homme sont liés à une mutation du gène BRCA2.
• Le taux d’oestrogènes
Le cancer du sein chez l’homme est généralement hormono-dépendant, ce qui suggère que d'une manière ou d'une autre, le taux d'oestrogènes intervient dans le développement de la maladie.
• Le syndrome de Klinefelter
C'est un trouble génétique très rare. L'homme est porteur d’un chromosome X supplémentaire (XXY), ce qui se manifeste par des signes comme des organes génitaux peu développés, des dérèglements hormonaux ou une gynécomastie. Ces hommes produisent peu de testostérone (l’hormone masculine), avec alors un taux d'oestrogènes élevé et un taux d'androgènes bas. Des études ont montré que les hommes atteints du syndrome de Klinefelter courraient 20 à 60 fois plus de risques de contracter un cancer du sein.
• La gynécomastie
La relation précise entre le développement excessif des glandes mammaires chez l'homme et le cancer du sein n’est pas claire.
• Les anomalie des testicules
Certaines études ont suggéré une augmentation du risque de cancer du sein suite à une inflammation des testicules, à des lésions aux organes génitaux ou à des testicules absents ou non descendus (cryptorchidie). D’autres études, en revanche, n’ont pas établi de lien.
• La cirrhose du foie
Un foie endommagé par la cirrhose fait augmenter le taux d’oestrogènes et baisser celui d'androgènes, un phénomène associé à un risque accru de cancer du sein. Dans ce contexte, la consommation abusive chronique d'alcool est également citée.
• L'exposition professionnelle aux rayonnements radioactifs et à la pollution (aciérie, haut fourneau, laminoir, vapeurs d’essence, gaz d’échappement...) est envisagée.
Les symptômes
• Une boule ou une masse dans le sein est le signe le plus courant (chez 70 à 90% des patients). En général, cette excroissance n'est pas douloureuse, elle paraît dure au toucher, avec des contours irréguliers et comme fixée dans le sein. Des masses aux aisselles doivent aussi retenir l'attention.
• Un écoulement du mamelon peut être un signe important, surtout s'il se produit sans qu'une pression soit exercée et s'il contient du sang.
• Un changement de la forme du sein : la peau se plisse ou prend l'aspect d'une peau d'orange, le mamelon pointe vers l'intérieur (alors que ce n'était pas le cas auparavant), le sein se déforme, la peau du sein devient rouge, elle s'ulcère, des croûtes apparaissent...
Ces symptômes doivent inciter à consulter un médecin, afin de poser le cas échéant un diagnostic aussi précoce que possible et entreprendre rapidement un traitement. Le cancer du sein peut évoluer et s'étendre à d'autres parties du corps.
Le diagnostic
En ce qui concerne les méthodes de diagnostic.
• La mammographie et l'échographie. Ces techniques sont destinées à explorer les deux seins et les ganglions. Dans certains cas, une IRM (résonance magnétique) mammaire est également pratiquée.
• La biopsie consiste à prélever du tissu suspect aux fins d'analyse par le laboratoire d'anatomopathologie. Le prélèvement peut être réalisé de plusieurs manières : le plus souvent à travers la peau, si nécessaire en étant guidé sous mammographie ou par échographie, sachant qu'il est parfois inévitable de recourir directement à la chirurgie (avec ablation de tout ou partie de l'anomalie).
Les stades du cancer
Les techniques de diagnostic permettent non seulement de confirmer (ou d'écarter !) la présence d'un cancer, mais aussi d'en définir le stade.
Celui-ci sera établi en fonction de trois critères majeurs :
• la taille et l'infiltration de la tumeur
• l'atteinte ou non des ganglions lymphatiques, et si oui, leur nombre et leur emplacement (pour définir cela, les ganglions anormaux doivent être prélevés et analysés)
• la présence ou non de métastases (les organes les plus touchés sont alors le foie, les os et les poumons)
On parle aussi de grades du cancer, déterminés aussi par trois paramètres :
• l'apparence des cellules cancéreuses, ou architecture cellulaire (plus une cellule cancéreuse est différente d'une cellule saine, plus elle est agressive)
• la forme du noyau
• le rythme de division (plus les cellules cancéreuses se divisent rapidement, plus le cancer se propage vite)
Le traitement
Le choix de l'approche thérapeutique est guidé, surtout, par le stade et le grade de l'atteinte cancéreuse.
• La chirurgie
Si la chirurgie mammaire conservatrice peut être envisagée (on retire la tumeur et une faible quantité de tissus), la petite taille de la poitrine de l'homme permet de s'orienter plus facilement - tout est relatif ! - que chez la femme vers la mastectomie (ablation totale du sein), avec retrait ou non des ganglions.
• La radiothérapie
En fonction du type de chirurgie (conservatrice ou mastectomie), la radiothérapie va davantage cibler la glande mammaire et les ganglions ou couvrir une zone plus étendue (paroi thoracique).
• La chimiothérapie
Le traitement chimiothérapeutique est destiné à limiter le risque de récidive et de prolifération de métastases, ou à les combattre si le cancer est de type métastasique.
• L'hormonothérapie
La très grande majorité des tumeurs mammaires masculines est constituée de tumeurs à récepteurs hormonaux positifs. C’est la raison pour laquelle un traitement hormonal peut s’avérer efficace pour les combattre. Naguère, l’hormonothérapie était surtout indiquée pour traiter un cancer du sein qui avait métastasé, mais son champ s’est élargi. Le médicament de choix est le tamoxifène, un modulateur sélectif des récepteurs des œstrogènes.
Ces différentes approches seront combinées en fonction des circonstances.
On a longtemps pensé que le pronostic du cancer du sein était plus défavorable chez les hommes que chez les femmes, mais plusieurs études récentes montrent que ce n'est pas le cas. De part et d'autre, l'élément le plus important consiste à intervenir au stade le plus précoce possible. Il est donc nécessaire que les hommes soient conscients que cette maladie peut aussi les toucher.